160 milliards d’euros. Le chiffre a claqué ce mercredi matin dans le paysage politique français. Bruno Retailleau, candidat déclaré à la présidentielle 2027, propose un programme économique massif : baisser les prélèvements sur les entreprises et tailler dans la dépense publique à hauteur de 160 milliards d’euros sur le quinquennat. Le patron des Républicains veut en finir avec ce qu’il appelle le « social-étatisme ».

Un programme industrie présenté jeudi

Retailleau ne s’arrête pas aux grands principes. Il doit présenter jeudi 19 février le volet industrie de son programme. L’idée : relancer la production française en allégeant la pression fiscale sur les entreprises. Baisser les charges, simplifier les normes, redonner de l’oxygène aux PME et aux grands groupes industriels. « La France doit redevenir une terre de production, pas seulement de consommation », martèle l’ancien ministre de l’Intérieur depuis son départ du gouvernement Lecornu.

Concrètement, ces 160 milliards se décomposeraient en deux blocs. D’un côté, des baisses de prélèvements obligatoires sur les entreprises (cotisations, impôts de production). De l’autre, des coupes dans la dépense publique, dont le détail reste flou à cette heure. C’est d’ailleurs là que le bât blesse.

Les chiffres tiennent-ils la route ?

160 milliards sur cinq ans, ça représente 32 milliards par an. Pour donner un ordre de grandeur : le budget de la Justice, c’est 12 milliards. Celui de la Culture, 4 milliards. On parle donc d’un effort colossal, équivalent à supprimer plusieurs ministères chaque année, selon les analyses de BFM et franceinfo.

Où couper ? Retailleau n’a pas encore détaillé poste par poste. Et c’est le point faible de l’annonce. Tous les candidats promettent des économies massives. Rares sont ceux qui précisent sur quoi exactement. La fonction publique ? Les aides sociales ? Les collectivités locales ? Chaque ligne budgétaire a ses défenseurs, ses élus locaux prêts à monter au créneau.

L’Institut Montaigne avait chiffré le potentiel d’économies réalisables sans casser les services publics à environ 50 milliards sur cinq ans. Trois fois moins que la promesse Retailleau.

La droite se bouscule au portillon

Cette annonce intervient dans un contexte de compétition féroce à droite. Valérie Pécresse a appelé à une primaire de la droite et du centre il y a quelques jours. Laurent Wauquiez reste en embuscade. Et le RN, via Sébastien Chenu, a déjà dégainé : « Retailleau, c’est beaucoup de bavardages et de bruit, mais dès qu’il passe aux actes, c’est nul. »

Retailleau joue gros. En posant un chiffre aussi spectaculaire, il se positionne comme le candidat du choc fiscal et de la rigueur budgétaire. Le risque ? Que personne ne le croie. La France a une dette publique de plus de 3 200 milliards d’euros et un déficit qui dépasse les 5 % du PIB. Promettre des baisses massives sans plan de financement précis, ça ressemble à un pari plus qu’à un programme.

Reste la présentation de jeudi. Si Retailleau met des mesures concrètes sur la table, avec des chiffrages détaillés et un calendrier réaliste, le 160 milliards pourrait passer du slogan au vrai projet. Sinon, ça restera un feu d’artifice de plus dans une pré-campagne qui en compte déjà beaucoup.