Cinq millions. Le cap est tombé vendredi 6 mars pour le Marsupilami de Philippe Lacheau, un mois à peine après sa sortie en salles. L’adaptation de la bande dessinée de Franquin, portée par le duo Lacheau-Jamel Debbouze, s’impose comme le phénomène cinématographique de ce début d’année. Et la bestiole jaune n’a pas fini sa course.

Quatre semaines à un rythme effréné

Les chiffres du CBO Box Office racontent une histoire peu banale. Lors de sa première semaine d’exploitation, du 4 au 11 février, le film a attiré 1,4 million de spectateurs. La deuxième semaine, le score a grimpé : 1,42 million d’entrées, soit plus que la première. Un phénomène rare au cinéma, où la tendance naturelle veut qu’un film perde des spectateurs dès la deuxième semaine.

La troisième semaine a maintenu le cap avec 1,29 million d’entrées. Puis la quatrième, du 25 février au 4 mars, a tout de même enregistré 785 000 spectateurs, portant le cumul officiel à 4 891 906 entrées selon les données du CBO Box Office. Le passage des cinq millions s’est fait dans la foulée, vendredi dernier.

Durant toute cette période, le Marsupilami est resté numéro un du box-office français, chaque jour, sans exception. Il a fallu attendre mercredi 5 mars et l’arrivée de Jumpers, le nouveau Pixar, pour le voir céder la première marche du podium. Il reste malgré tout solidement installé au deuxième rang, devant Scream 7 qui réalise pourtant de très bons scores depuis sa sortie le 25 février.

Le record de Chabat dans le viseur

Les comparaisons avec l’autre Marsupilami du cinéma français sont inévitables. En 2012, Alain Chabat avait réalisé Sur la piste du Marsupilami, lui aussi avec Jamel Debbouze en tête d’affiche. Le film avait terminé sa carrière en salles avec 5,3 millions de spectateurs. Un beau score, mais que la version 2026 va très probablement dépasser dans les prochains jours, selon Le Parisien.

La trajectoire du film de Lacheau laisse même entrevoir un plafond bien plus haut. Avec les vacances de Pâques qui démarrent le 4 avril, le Marsupilami pourrait bénéficier d’un second souffle massif. Les projections évoquent un potentiel de six, voire sept millions d’entrées en fin de parcours. Le film familial est taillé pour les vacances scolaires, et celles de la zone C viennent à peine de se terminer ce dimanche 9 mars.

Avec 21 % de part de marché lors de sa quatrième semaine, le Marsupilami capte encore un spectateur sur cinq qui pousse la porte d’un cinéma en France. C’est considérable pour un film qui en est à son deuxième mois d’exploitation.

Le cinéma français se relève après une année noire

Ce triomphe tombe à pic pour une industrie qui en avait bien besoin. L’année 2025 a été difficile pour les salles françaises, avec une chute de 14 % de la fréquentation, rapporte Le Parisien. Seuls cinq films français avaient dépassé le million d’entrées sur toute l’année. Le contraste avec le début 2026 est saisissant : le Marsupilami a franchi ce cap dès sa première semaine.

Le personnage créé par André Franquin en 1952 dans les pages du Journal de Spirou continue de séduire le public, toutes générations confondues. Soixante-quatorze ans après sa première apparition en bande dessinée, le petit animal bondissant de Palombie reste un phénomène populaire. La recette du film de Lacheau, qui mise sur la comédie familiale avec des effets visuels soignés, semble avoir trouvé le bon équilibre entre nostalgie des plus anciens et découverte pour les plus jeunes.

La production, assurée par Pathé Films, BAF Prod et TF1 Films, peut savourer ce succès dans un paysage cinématographique français où les comédies à gros budget ne garantissent plus le carton. L’année 2025 avait montré que le public pouvait bouder les salles, même pour des films largement médiatisés.

Un marché porté par la diversité de l’offre

Le Marsupilami ne tire pas seul la couverture. Depuis début mars, l’offre en salles s’est enrichie avec l’arrivée de Jumpers de Pixar et de Scream 7, qui attirent des publics différents. Le marché global de la semaine 9, toujours selon le CBO Box Office, a enregistré 3,68 millions d’entrées, en hausse de 41 % par rapport à la même période l’an dernier. Le cumul depuis le 1er janvier 2026 atteint 32,9 millions d’entrées, soit une progression de 21 % sur un an.

Ces chiffres confirment que la reprise n’est pas un mirage porté par un seul film, même si le Marsupilami y contribue massivement. La part du cinéma français dans les entrées totales se maintient à 48 % depuis le début de l’année, un niveau sain pour l’industrie hexagonale.

Les prochaines semaines seront décisives pour savoir jusqu’où la bestiole de Franquin peut aller. Le film dispose d’un mois complet avant les vacances de Pâques pour grignoter des entrées au quotidien, avant un probable regain d’affluence début avril. Le seuil des sept millions d’entrées placerait le Marsupilami parmi les plus gros succès du cinéma français de ces dix dernières années, aux côtés de mastodontes comme Intouchables (19,4 millions en 2011) ou Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu (12,3 millions en 2014).