52 départements ont déjà fait machine arrière. La limitation à 80 km/h sur les routes départementales, imposée en 2018 par Édouard Philippe, est en train de mourir à petit feu. L’Eure vient de rejoindre la liste des repentis, et le compteur ne s’arrête plus.
Une mesure rejetée dès le premier jour
Juillet 2018. Les panneaux 80 km/h fleurissent sur les départementales. La colère gronde immédiatement dans les campagnes. Pour des millions de Français qui roulent chaque jour sur ces axes, perdre 10 km/h, c’est perdre du temps, de l’argent, de la patience. Quelques mois plus tard, les gilets jaunes envahissent les ronds-points. Le 80 km/h n’est pas la seule raison de cette révolte, mais il en a été le déclencheur, le symbole d’un pouvoir parisien qui décide sans écouter.
52 départements, et ça continue
La loi du 24 décembre 2019 a fini par donner aux présidents de conseils départementaux le droit de revenir au 90 km/h sur certains tronçons. La Haute-Marne a dégainé la première. Puis la Corrèze, le Cantal, la Creuse, et ainsi de suite. Huit ans après, plus de la moitié des départements métropolitains ont basculé.
Le dernier en date, l’Eure, a officialisé le changement ce lundi. Pascal Coste, président du conseil départemental de la Corrèze, ne mâche pas ses mots. Il a déclaré au Figaro qu’il en voudrait « toute sa vie à Édouard Philippe » pour cette décision.
Un coût salé pour tout le monde
Changer les panneaux, ça coûte cher. Chaque département qui revient au 90 doit financer le remplacement ou le masquage de centaines de panneaux. La Corrèze avait chiffré l’opération à plusieurs centaines de milliers d’euros. Multipliez par 52 départements et le montant devient vertigineux. Sans compter l’installation initiale en 2018, financée par l’État.
Côté sécurité routière, le bilan est contesté. Les partisans du 80 km/h mettent en avant une baisse de la mortalité sur les routes concernées les premières années. Mais les opposants soulignent que la tendance baissière était déjà engagée avant 2018, portée par l’amélioration des véhicules et des infrastructures.
Et maintenant ?
Reste une question. Que vont faire les 44 départements qui n’ont pas encore bougé ? Certains hésitent encore, d’autres assument le 80 km/h. Mais la dynamique est claire : à ce rythme, la mesure pourrait devenir minoritaire d’ici la fin de l’année. Un fiasco politique qui aura coûté cher, divisé le pays et accéléré la crise des gilets jaunes. Difficile de trouver pire bilan pour une mesure de sécurité routière.