326 millions de dollars. C’est ce que le film original a engrangé dans le monde entier en 2006, sur un budget de 35 millions. Vingt ans plus tard, la suite arrive avec un paradoxe que personne n’avait vraiment anticipé : Miranda Priestly, la rédactrice en chef glaciale et intouchable de Runway, va devoir se battre pour maintenir son magazine en vie. Et c’est son ancienne assistante qui doit la sauver.
Runway coule, Miranda cherche une bouée
Le scénario reprend là où le premier film avait laissé Andy Sachs, mais les cartes ont été redistribuées. Andy revient à Runway, cette fois au poste de rédactrice en chef des enquêtes, non plus comme assistante mais comme recrue stratégique. L’objectif fixé par l’intrigue : aider Miranda à sécuriser le financement qui pourrait éviter la disparition du magazine. La source de ce financement potentiel ? Emily, l’ancienne première assistante, désormais à la tête d’une marque de bien-être de luxe. Deux femmes qui s’étaient mutuellement détestées doivent maintenant collaborer.
C’est la scénariste Aline Brosh McKenna, déjà auteure du premier volet, qui signe cette suite. Le réalisateur David Frankel reprend également les commandes, selon les informations de Deadline. Une continuité créative qui a rassuré les équipes de 20th Century Studios dès l’annonce du projet, fin 2024.
Douze acteurs, zéro impair de casting
Les retrouvailles s’annoncent spectaculaires. Meryl Streep et Anne Hathaway reprennent leurs rôles respectifs de Miranda et Andy. Emily Blunt revient en Emily Charlton. Stanley Tucci incarne à nouveau Nigel, le directeur artistique sarcastique et bienveillant. À leurs côtés, des nouvelles recrues de poids : Kenneth Branagh, Lucy Liu, Simone Ashley, Justin Theroux, Pauline Chalamet (la soeur de Timothée), B.J. Novak et Conrad Ricamora. La classification PG-13 a été confirmée pour « un langage soutenu et quelques références suggestives ». Une chose est claire : le ton ne sera pas édulcoré.
Le fait que les quatre acteurs principaux du film original aient accepté de revenir est en soi un signal. Ce type de réunion est rare dans l’industrie, surtout deux décennies après un premier film. Meryl Streep avait longtemps laissé entendre qu’elle ne reprendrait pas le personnage. Ce revirement signe la confiance placée dans le scénario.
Lady Gaga et Doechii signent la bande-son qu’on n’attendait pas
Le trailer final du film, mis en ligne cette semaine, contenait une surprise de taille : un extrait de près de deux minutes d’un titre encore jamais entendu. « Runway », interprétée par Lady Gaga et la rappeuse américaine Doechii, est disponible depuis jeudi sur toutes les plateformes de streaming, selon Variety.
Le titre joue sur la double signification du mot anglais : la piste d’envol et le podium de défilé. Doechii y chante « Serve a little sass, with a little side of ass, do a little twirl » pendant que Gaga prend le relais avec « I’m feeling fab, I’m feeling free, I feel exceptionally. » Le refrain les réunit sur un terrain commun : « Monday through Sunday, can turn the dancefloor into a runway. » Selon Rolling Stone, le titre a été conçu pour fonctionner autant comme single autonome que comme porte d’entrée dans l’univers du film.
Lady Gaga n’est pas que chanteuse sur ce projet. Elle apparaît également à l’écran dans un rôle non encore précisé, selon les informations de Variety. La tournée Mayhem Ball, qu’elle a bouclée l’an dernier, lui a laissé suffisamment de marge pour tourner ses scènes. Doechii, de son côté, est en pleine ascension depuis une série de collaborations marquantes depuis 2024.
Vingt ans : la mode a tout changé autour de Runway
Le premier film tirait sa force d’un paradoxe jamais vraiment résolu : Miranda Priestly était monstrueuse, mais elle avait raison sur presque tout. Son personnage, largement inspiré d’Anna Wintour, directrice de Vogue US depuis 1988, incarnait une vision de la mode comme champ de bataille où seuls les meilleurs survivent.
En 2026, cette vision s’est fracassée contre la réalité des médias. La presse magazine papier a perdu plus de 40% de ses revenus publicitaires en Europe entre 2015 et 2025, selon les données de l’Union Européenne de Presse Périodique. Des titres centenaires ont disparu ou sont passés en format exclusivement numérique. Vogue lui-même a réduit plusieurs de ses éditions nationales. Que la suite choisisse précisément ce contexte pour son intrigue principale n’est pas un accident narratif : c’est une façon de rendre le récit immédiatement crédible pour un public qui a regardé l’industrie se transformer.
Le poids de 326 millions
Le film original de 2006 reste l’une des comédies dramatiques les plus rentables de l’histoire récente. Produit pour 35 millions de dollars, il a rapporté 326,7 millions en salles mondiales, selon les données de Box Office Mojo. En France, il avait attiré environ 2,9 millions de spectateurs selon le Centre National du Cinéma. Pour la suite, les attentes sont proportionnelles.
La question qui circule dans les milieux spécialisés depuis l’annonce du projet : ce type de suite nostalgique peut-il trouver son public deux décennies plus tard, quand les spectateurs qui avaient 25 ans en 2006 en ont maintenant 45 ? Les premières réactions au trailer répondent plutôt par l’affirmative. Selon les chiffres communiqués par 20th Century Studios, la vidéo a dépassé les 50 millions de vues en 72 heures sur YouTube. C’est au-dessus des moyennes enregistrées pour les trailers de suites comparables lancées ces trois dernières années.
1er mai, jour de sortie et d’entrée dans les salles
Le Diable s’habille en Prada 2 débarque dans les salles françaises le 1er mai 2026, date choisie pour capitaliser sur le week-end du pont. Les avant-premières mondiales sont attendues dans les prochaines semaines. Le Festival de Cannes (13-24 mai) n’a pas retenu le film en compétition officielle, mais les projections de la sélection parallèle et les événements industrie pourraient lui offrir une vitrine supplémentaire sur la Croisette.
La bande-son de Lady Gaga et Doechii sortira en version complète au moment de la sortie du film. D’autres singles pourraient suivre d’ici fin avril, selon les habitudes de promotion de 20th Century Studios pour ses productions à fort potentiel musical. La tournée européenne de Gaga prévue cet été rend plausible une performance live pour promouvoir « Runway », même si rien n’a été confirmé à ce stade.