Bronny James a volé le ballon à 51 secondes de la fin du premier quart-temps. En une fraction de seconde, il a regardé vers la droite, vu son père filer en contre-attaque, et lancé une passe dans le couloir. LeBron a pris son élan et cloué le dunk. Los Angeles a hurlé depuis San Francisco. Et en 80 ans d’histoire de la NBA, personne n’avait jamais vu ça.
Ce mercredi 9 avril 2026 à la Chase Center, les Lakers ont écrasé les Warriors 119 à 103. Mais le score, pour une fois, n’est pas ce que tout le monde retiendra. Ce soir-là, Bronny James, 21 ans, a offert le premier assist fils-père jamais enregistré dans l’histoire de la ligue. Son père, LeBron James, 41 ans et 43 229 points de carrière au compteur, était à l’autre bout de la passe.
Un steal, une passe, et le livre des records qui s’ouvre
Le geste lui-même n’avait rien de spectaculaire. Bronny intercepte une relance adverse, accroche le regard de son père qui part en transition, et lui envoie le ballon. LeBron finit par un dunk sans opposition. Deux points de plus dans une victoire confortable. Sauf que l’arbitre central doit cocher une case que personne n’avait jamais cochée depuis la création de la ligue en 1946.
Selon les données officielles de la NBA, aucun père et son fils n’avaient jamais évolué ensemble dans la même équipe avant la saison 2024-2025. Encore moins marqué ou servi mutuellement. Le premier assist père-fils avait déjà eu lieu le 27 mars dernier, quand LeBron avait trouvé Bronny à trois points dans une victoire contre les Nets de Brooklyn. Ce 9 avril, les rôles s’inversent. C’est la deuxième page d’un chapitre que personne d’autre n’a écrit.
LeBron James avait 20 ans quand Bronny est né en octobre 2004. Il venait d’être sélectionné premier de la draft. Vingt-deux ans plus tard, ils partagent le même parquet, le même maillot, et désormais les mêmes lignes dans les archives de la ligue.
LeBron à 41 ans : les chiffres que l’âge ne ralentit pas
Pour apprécier l’absurdité sportive de ce duo, il faut regarder ce que LeBron a produit lors de ce même match contre Golden State. 26 points. 11 passes. 8 rebonds. Tirant à 11 sur 17 aux tirs et 3 sur 5 à trois points. En 32 minutes de jeu. À 41 ans.
Il reste le meilleur scoreur de toute l’histoire de la NBA avec 43 229 points. Il détient aussi le record de matchs joués, avec 1 612 rencontres en saison régulière, surpassant Kareem Abdul-Jabbar. En mars 2026, il est devenu le premier joueur à réussir le plus grand nombre de tirs en carrière, soit 15 884 paniers marqués. En play-offs, ses 8 289 points constituent un autre record absolu. ESPN et HoopHype, qui suivent ses statistiques saison après saison, qualifient ces performances de « physiquement anormales pour un athlète de cet âge ».
Ce n’est pas un joueur qui finit sa carrière dans l’ombre. C’est un joueur qui la prolonge en incluant son fils dedans.
Bronny : du 55e choix de draft à 10 points contre les Warriors
Bronny James n’était pas attendu à ce niveau. Drafté en 55e position en 2024, soit le dernier rang du deuxième tour, il est entré en NBA sous les critiques et les soupçons habituels : fils de vedette, facilité d’accès, niveau insuffisant. Sa première saison avait été difficile.
Mais cette saison 2025-2026 change le regard. Face à Golden State, il termine la rencontre avec 10 points, 3 passes et 2 interceptions, sur 4 tirs réussis sur 7 tentatives dont 2 sur 4 à trois points. Son taux de réussite à longue distance cette saison atteint 40%, selon les données officielles de la ligue, un chiffre qui situe n’importe quel joueur dans la moyenne haute des tireurs NBA.
Son entraîneur JJ Redick ne cache pas sa satisfaction. « Je suis vraiment content de là où il en est, et très confiant sur là où il va aller en tant que joueur », a-t-il déclaré au Los Angeles Times après la victoire. La progression est visible, et le timing n’est pas anodin : Bronny prend de l’ampleur au moment précis où son père entame peut-être ses dernières semaines en NBA.
Ce que représente ce duo dans les 80 ans de la ligue
L’histoire de la NBA est remplie de dynasties familiales, mais toutes se sont succédé sans jamais coïncider. Rick Barry et ses fils Jon et Brent ont tous les trois joué dans la ligue, mais jamais ensemble. Dell Curry et son fils Stephen n’ont pas partagé le même effectif. Plusieurs pères et fils ont porté le même maillot à des décennies d’intervalle, mais jamais au même moment.
LeBron et Bronny sont donc seuls. Seuls à avoir joué ensemble. Seuls à s’être assistés dans les deux sens. Leur situation était si improbable que la NBA n’avait même pas de règlement spécifique pour encadrer cette situation contractuelle lorsque les Lakers ont signé Bronny en 2024.
Ce que cette famille construit en ce moment sur les parquets de la NBA n’a pas de précédent. Ni dans le basket américain, ni dans aucun des quatre grands sports professionnels nord-américains. La NFL, la MLB et la NHL ont également connu des duos père-fils, mais aucun n’a jamais joué dans la même équipe au même moment.
La fin d’une saison, peut-être d’une ère
Les Lakers disputent leurs derniers matches de saison régulière. LeBron n’a pas encore annoncé sa retraite, mais chaque rencontre est désormais scrutée comme si elle pouvait être la dernière. Selon ESPN, son contrat actuel court jusqu’à la fin de cette saison 2025-2026, sans option de prolongation signée à ce jour.
Bronny, lui, a encore plusieurs années devant lui. Si LeBron raccroche après les play-offs, leur parenthèse commune en NBA se sera refermée en moins de deux saisons. Deux assists historiques, quelques dizaines de matches partagés, et une page que les archives garderont pour toujours.
Les play-offs NBA débutent dans quelques semaines. Si les Lakers se qualifient, LeBron et Bronny pourraient prolonger leur aventure commune sur la plus grande scène possible. Mais même si la saison s’arrêtait là, ces deux dates, le 27 mars et le 9 avril 2026, sont désormais gravées dans les archives d’une ligue vieille de 80 ans. Deux matchs. Deux premières mondiales. Une seule famille.