Sept titres du Grand Chelem, vingt-deux ans, et un poignet droit qui refuse de jouer plus longtemps. Carlos Alcaraz a annoncé jeudi soir qu’il ne défendrait pas son titre porte d’Auteuil. La quinzaine parisienne perd son tenant à trois semaines du coup d’envoi. Jannik Sinner hérite du statut de favori sans avoir touché une raquette.
Le poignet a craqué à Madrid
Le forfait tombe à Madrid, son tournoi fétiche. L’Espagnol a abandonné son quart de finale contre Holger Rune mardi, gêné par une douleur au poignet droit qui s’aggravait depuis Monte-Carlo. Les examens ont parlé jeudi : tendinite sévère, six semaines de repos minimum, opération non écartée si la douleur persiste après le mois de mai.
Alcaraz a confirmé la nouvelle sur son compte X jeudi à 18h, dans une vidéo de 47 secondes filmée chez lui. Il évoque « la décision la plus dure de sa carrière ». Sa préparation parisienne devait débuter à Rome la semaine prochaine. Le programme entier saute.
Trois semaines pour rien
Roland-Garros démarre le 18 mai et le tableau final tombe le 7 juin. À trois semaines de l’épreuve, son équipe a privilégié la prudence. Reprendre l’entraînement avant le 10 mai aurait été irréaliste, et débarquer porte d’Auteuil sans match préparatoire sur ocre tenait du suicide sportif.
C’est la première fois depuis 2021 qu’Alcaraz manque un Grand Chelem. Sa série de cinq Majeurs consécutifs, dont les deux derniers Roland-Garros 2024 et 2025, se brise sur un poignet récalcitrant. Une parenthèse à laquelle ses fans ne s’étaient pas habitués.
Sinner devient numéro 1 sans jouer
Le calcul ATP est implacable. Avec 2 000 points à défendre et personne pour les défendre, Alcaraz va perdre sa deuxième place au classement. Jannik Sinner, déjà numéro 1 mondial depuis avril 2026 grâce à son sacre australien, creuse l’écart sans bouger un orteil.
L’Italien n’a jamais gagné Roland-Garros. Sa meilleure performance reste une demi-finale en 2024, perdue contre Alcaraz justement. La terre battue n’est pas son habitat naturel, mais le retour de blessure lombaire de l’hiver est désormais loin derrière lui. Trois titres en 2026, dont l’Open d’Australie et Indian Wells, le placent en favori absolu.
Djokovic peut gâcher la fête
À 38 ans, Novak Djokovic reste l’inconnue dangereuse. Le Serbe n’a plus gagné de Grand Chelem depuis 2024, mais son palmarès parisien parle pour lui : 3 victoires, 7 finales, et l’envie persistante d’arracher un 25e titre majeur qui le placerait seul au sommet de l’histoire du tennis masculin.
Sa préparation 2026 reste minimale, deux quarts de finale et un trophée à Genève. Mais la terre battue lui réussit toujours, et il sait gérer un tableau allégé d’un cador. Sa demi-finale contre Sinner en Australie, perdue 6-4 au cinquième set, a rappelé qu’il n’avait rien perdu de son tennis.
La nouvelle garde sent l’ouverture
Alexander Zverev hérite d’un boulevard. L’Allemand court derrière son premier Grand Chelem depuis sa finale perdue contre Alcaraz l’an dernier à Paris. Sa terre battue tient la route, son service casse encore les rythmes adverses, et le tableau s’allège d’un cran.
Holger Rune, qui a précisément battu Alcaraz à Madrid, peut se positionner. Le Danois traverse une saison en demi-teinte, mais son tennis frontal sur ocre lui a déjà offert un titre à Bercy en 2022. Casper Ruud, finaliste à Roland-Garros 2022 et 2023, garde aussi sa carte à jouer dans un tableau resserré.
Une finale 100 % italienne ?
Lorenzo Musetti et Matteo Berrettini guettent. Le premier vient de gagner Monte-Carlo, son premier Masters 1000, et son revers à une main séduit le public parisien depuis trois ans. Le second cherche encore un Grand Chelem, son dos lui laisse cinq mois de répit selon ses médecins.
L’Italie pourrait offrir Sinner contre un compatriote en finale. Une première depuis Adriano Panatta en 1976. Jamais Roland-Garros n’a vu deux Italiens disputer le dernier match d’un même tournoi. La fédération transalpine prépare déjà une opération communication massive si le scénario se concrétise.
Le retour est calé sur Queen’s Club
Alcaraz vise le tournoi du Queen’s, à Londres, à partir du 9 juin. Le rendez-vous sur gazon précède Wimbledon, où l’Espagnol défend son titre 2024 et 2025. Son équipe a confirmé que le poignet sera réévalué le 25 mai, après deux semaines de soins intensifs et de kiné spécifique. Une opération reste dans les cartons si la douleur résiste.
L’absence du joueur le plus médiatique du circuit prive Roland-Garros de son spectacle le plus suivi. Les diffuseurs avaient programmé une grille spéciale autour de ses matchs et plusieurs sponsors viennent de redistribuer leurs budgets vers Sinner et Djokovic. Le tournoi reste son seul Grand Chelem en l’absence du tenant du titre depuis Wimbledon 2017.