Deux assistants parlementaires interpellés, un député absent de l’hémicycle et tout l’échiquier politique qui demande des comptes. Depuis ce mercredi 18 février, La France insoumise fait face à une crise politique majeure dans l’affaire de la mort de Quentin Deranque à Lyon.
Deux collaborateurs dans le viseur de la justice
Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député LFI du Vaucluse Raphaël Arnault, a été placé en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur la mort de Quentin Deranque, selon franceinfo. Un deuxième collaborateur du député figure aussi parmi les suspects, rapporte 20 Minutes. Les deux hommes sont issus du mouvement antifasciste la Jeune Garde, cofondé par Arnault lui-même.
Le député a rompu le contrat de Favrot dans la foulée. Absent du Palais-Bourbon depuis lundi, il tente visiblement de couper tout lien avec les personnes mises en cause.
Pression maximale sur Mathilde Panot
La réaction politique ne s’est pas fait attendre. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a tiré la première sur franceinfo : « J’appelle la présidente Mathilde Panot à exclure Raphaël Arnault de son groupe, ou tout du moins à l’exclure temporairement. » François-Xavier Bellamy, proche de Bruno Retailleau, a enfoncé le clou sur la même antenne en posant la question frontalement.
Du côté du Rassemblement national, Jordan Bardella y est allé encore plus fort sur CNews. Pour lui, Arnault « n’a pas sa place à l’Assemblée nationale » et devrait « avoir l’honneur et la décence de quitter ses fonctions ».
Le PS aussi met la pression. Le député Laurent Baumel a rappelé sur BFMTV que le parti socialiste avait refusé l’investiture d’Arnault en 2024 et lui avait opposé une candidate à Avignon. « On avait senti que ce profil posait problème. »
LFI fait le dos rond
Face à cette offensive, les insoumis campent sur leurs positions. Manuel Bompard, coordinateur du mouvement, a tranché sur franceinfo : « Il n’est absolument pas question d’écarter Raphaël Arnault. » La députée Danielle Obono a renchéri en demandant à la droite de « laisser la justice faire son travail ».
À l’Assemblée, les élus LFI jouent la carte du silence. Mardi, lors des questions au gouvernement, ils ont encaissé les attaques sans broncher. Du jamais vu pour un groupe habituellement offensif dans l’hémicycle.
En coulisses, l’inquiétude monte. « Il va falloir qu’on gère ça, confie un député LFI à France Télévisions. Il est menacé, et très attendu par nos adversaires. » Le retour d’Arnault dans l’hémicycle s’annonce tendu.
Le précédent Quatennens
La situation rappelle l’affaire Adrien Quatennens en 2022. À l’époque, LFI avait d’abord soutenu son député avant de finalement le mettre en retrait. Reste à savoir si le scénario se répétera, ou si le mouvement de Mélenchon tiendra bon cette fois. La justice, elle, continue son travail.