Pedro Acosta n’aura pas attendu longtemps. Dès le premier sprint de la saison 2026, à Buriram en Thaïlande, le pilote espagnol de 21 ans a décroché sa première victoire en MotoGP. Pas dans le calme : au terme d’un corps à corps de 13 tours avec le champion du monde Marc Marquez, conclu par une pénalité des commissaires pour un contact jugé trop musclé.
Bezzecchi au tapis dès le 2e tour
La journée avait pourtant commencé sous le signe de Marco Bezzecchi. L’Italien d’Aprilia, auteur de la pole position avec seulement 35 millièmes d’avance sur Marquez selon motogp.com, dominait les débats depuis les essais du vendredi. Il menait la course après un premier tour de combat intense avec Marquez, les deux pilotes échangeant la tête à trois reprises en un seul tour.
Puis tout a basculé au virage 8 du deuxième tour. Bezzecchi a perdu l’avant de son Aprilia et glissé dans le gravier, rapporte Autosport. Le poleman, favori du week-end, regardait la suite depuis le stand de son équipe. Sa chute a ouvert un boulevard à Marquez et Acosta.
Treize tours sans répit
Ce qui a suivi tient du morceau d’anthologie. Acosta, sur sa KTM, n’a laissé aucun répit au champion du monde en titre. Le jeune Espagnol a tenté sa première attaque au dernier virage dès le deuxième tour. Marquez, plus puissant en ligne droite grâce à sa Ducati, reprenait la position à chaque fois.
Le schéma s’est répété tour après tour. Au 7e passage, Acosta a réussi un dépassement au dernier virage et tenu la tête quelques centaines de mètres, avant que la puissance de la Ducati ne fasse la différence en accélération. Au 10e tour, rebelote. Au 11e, Acosta a forcé Marquez à passer par l’extérieur au premier virage. La pression montait d’un cran à chaque boucle.
Le contact qui a tout fait basculer
L’avant-dernier tour a mis le feu aux poudres. Au virage 5, Marquez a commis une erreur, roulant légèrement large. Acosta s’est engouffré dans l’espace et a pris la tête. Quelques virages plus loin, au virage 12, Marquez a tenté un contre-dépassement agressif. Son freinage tardif l’a envoyé au contact avec Acosta, poussant le pilote KTM loin de la trajectoire idéale, selon le récit détaillé de motogp.com.
La mention « sous enquête » est apparue instantanément sur les écrans. Les commissaires n’ont pas traîné. Avant même que le dernier tour ne soit à moitié bouclé, le message tombait sur le tableau de bord de Marquez : reculer d’une position. À 33 ans et 85 victoires au compteur, le pilote Ducati s’est exécuté au tout dernier virage, laissant passer Acosta avant de remettre les gaz pour se protéger de Raul Fernandez, troisième.
Premier pilote KTM en tête du championnat
Pour Pedro Acosta, cette victoire marque bien plus qu’un simple résultat. À 21 ans, il devient le premier pilote KTM à mener le championnat du monde MotoGP, rapporte Autosport. Le constructeur autrichien, entré dans la catégorie reine en 2017, n’avait jamais occupé cette position.
Le palmarès d’Acosta parlait déjà pour lui. Champion du monde Moto3 dès sa première saison en 2021, à 17 ans, il avait ensuite remporté le titre Moto2 en 2023 avant de monter en MotoGP. Mais la catégorie reine résistait. En 2025, plusieurs podiums, zéro victoire. Ce samedi à Buriram change la donne.
Derrière le duo Acosta-Marquez, Raul Fernandez (Trackhouse Aprilia) a complété le podium à 540 millièmes du vainqueur, suivi d’Ai Ogura et de Jorge Martin, revenu à la compétition sur l’Aprilia officielle. Francesco Bagnaia, double champion du monde, a sauvé le dernier point de la 9e place après une qualification ratée en 13e position.
Le paddock divisé sur la pénalité
La sanction contre Marquez a provoqué un débat instantané dans les stands. Le site officiel motogp.com décrit une ambiance « explosive » dans le paddock, les équipes se divisant sur la sévérité de la manoeuvre. Ouest-France rapporte que plusieurs pilotes ont réagi publiquement, certains soutenant la décision des commissaires, d’autres estimant que ce type de contact fait partie des courses sprint.
Marquez n’a pas contesté la décision devant les médias, se contentant de déclarer qu’il « reverrait les images ». Le règlement MotoGP prévoit des sanctions allant du simple recul d’une position à la disqualification en cas de contact délibéré ayant causé un avantage.
Dimanche, 26 tours pour confirmer
Le sprint ne distribue que la moitié des points d’un Grand Prix classique. La course principale, dimanche à 8 heures (heure de Paris), sur la distance complète de 26 tours, dira si Acosta peut confirmer ou si Marquez prendra sa revanche. Bezzecchi, dont le rythme pur reste le meilleur du week-end, aura une motivation supplémentaire après sa chute. Le prochain Grand Prix se tiendra à Losail, au Qatar, dans deux semaines.