Un message strident sur votre téléphone, une diffusion massive à la télévision et à la radio : quand une alerte enlèvement est déclenchée, impossible de la manquer. Mais comment fonctionne ce dispositif ? Quels sont les critères pour l’activer ? Et surtout, est-il efficace ?

Un dispositif inspiré des États-Unis

Le plan Alerte Enlèvement a été créé en France en 2006, inspiré du système américain AMBER Alert. Il porte le nom d’une fillette texane, Amber Hagerman, enlevée et assassinée en 1996. En France, c’est le ministère de la Justice qui pilote le dispositif, en coordination avec les forces de l’ordre et les médias.

Les critères de déclenchement

L’alerte enlèvement n’est pas activée pour chaque disparition d’enfant. Quatre conditions doivent être réunies simultanément. La victime doit être mineure. Il doit s’agir d’un enlèvement avéré (pas une simple fugue). La vie ou l’intégrité physique de l’enfant doit être en danger. Enfin, les enquêteurs doivent disposer d’informations suffisantes pour que la diffusion publique puisse aider à retrouver la victime (description du suspect, véhicule, direction de fuite).

C’est le procureur de la République en charge de l’enquête qui demande le déclenchement. La décision revient au garde des Sceaux ou à son représentant.

Une diffusion massive et immédiate

Une fois activée, l’alerte est relayée sur tous les canaux disponibles en moins de trois heures. Les chaînes de télévision et les stations de radio interrompent leurs programmes. Les panneaux d’affichage autoroutiers diffusent le signalement. Les réseaux sociaux des autorités relaient l’information. Depuis 2022, le système FR-Alert permet aussi l’envoi de notifications directement sur les téléphones portables des personnes se trouvant dans la zone concernée, sans qu’aucune application ne soit nécessaire.

Des résultats probants

Depuis sa création, le dispositif a été déclenché une trentaine de fois en France. Le taux de réussite est remarquable : dans la très grande majorité des cas, l’enfant a été retrouvé vivant dans les heures suivant l’activation de l’alerte. La mobilisation citoyenne joue un rôle déterminant. Des témoignages de passants, de commerçants ou d’automobilistes ont permis de localiser rapidement des suspects.

Les limites du système

Le dispositif ne couvre pas toutes les situations de danger pour les mineurs. Les enlèvements parentaux, qui représentent la majorité des disparitions d’enfants, ne remplissent pas toujours les critères de déclenchement. De même, les disparitions inquiétantes sans preuve formelle d’enlèvement ne donnent pas lieu à une alerte.

Certains critiquent aussi la « fatigue d’alerte » : à force de recevoir des notifications (tests FR-Alert, alertes météo), le public pourrait finir par les ignorer. Les autorités veillent donc à réserver ce canal aux situations les plus graves.

Que faire quand vous recevez une alerte ?

Lisez attentivement le signalement. Observez votre environnement. Si vous repérez un élément correspondant à la description (véhicule, individu, enfant), appelez immédiatement le 197 (numéro dédié) ou le 17 (police secours). Ne tentez jamais d’intervenir vous-même. Partagez l’alerte sur vos réseaux sociaux pour maximiser sa portée.