Trente-sept jours. C’est le nombre de jours consécutifs de pluie que la France vient d’encaisser depuis le début de l’année. Un record absolu depuis 1959, confirmé par Météo-France. Alors quand l’anticyclone des Açores pointe le bout de son nez ce lundi, difficile de ne pas sentir un soulagement collectif.
Le retour de l’anticyclone des Açores
Depuis la mi-décembre, une « rivière atmosphérique » bloquait au-dessus de l’Hexagone. C’est elle qui, pendant des semaines, a arrosé sans relâche les campagnes françaises. Inondations, évacuations, routes coupées : trois départements sont encore en vigilance rouge ce lundi (Loire-Atlantique, Charente-Maritime et Maine-et-Loire), et la décrue risque d’être lente dans plusieurs zones.
Mais cette masse d’air chargée d’humidité « est rejetée vers le nord de l’Atlantique », explique La Chaîne Météo. Résultat : les hautes pressions reprennent le dessus. L’anticyclone s’installe, le ciel se dégage.
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Jusqu’à 25°C au Pays Basque
Dès mardi 24 février, le changement sera net. Météo-France prévoit des courants de sud progressifs sur la France et des maximales « dignes d’une fin avril-début mai ». Dans la moitié nord du pays, le thermomètre va approcher les 20°C. Dans le Pays Basque et le Béarn, la barre des 25°C est attendue, selon l’organisme officiel.
Mercredi suivra dans le même élan, avant qu’une perturbation venue de Bretagne ne vienne légèrement casser cet élan en fin de semaine. Mais pour deux ou trois jours, c’est clairement le printemps qui débarque en février.
Ce qui inquiète les spécialistes
Reste que cette douceur ne réjouit pas tout le monde. L’agroclimatologue Serge Zaka a tiré la sonnette d’alarme : la France enchaîne 42 jours consécutifs au-dessus des normales saisonnières. Et les modèles météo prévoient « encore au moins deux semaines de douceur remarquable », selon ses données.
Pour les arbres fruitiers et les vignes, c’est le scénario classique du piège : un redoux précoce pousse les bourgeons à débourrer, puis le froid revient et détruit tout. Côté sols, gorgés d’eau après deux mois de pluie, la chaleur va accélérer l’évaporation mais ne réglera pas du jour au lendemain les problèmes dans les zones inondées.
Bref, le soleil est là. Les terrasses vont se remplir mardi. Mais les agriculteurs, eux, regardent le thermomètre avec moins d’enthousiasme.