Le porte-avions Charles-de-Gaulle a reçu l’ordre de quitter la mer Baltique pour rejoindre la Méditerranée orientale. Avec lui, son groupe aéronaval au complet : frégates, ravitailleur, sous-marin d’attaque. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont publié dans la foulée une déclaration commune menaçant l’Iran de « détruire sa capacité à tirer des missiles et des drones à leur source ». Dimanche soir, le conflit a franchi un nouveau palier : Donald Trump annonce une guerre de « quatre semaines ou moins », un immeuble est soufflé en Israël par un missile iranien, et les Émirats rappellent leur ambassadeur de Téhéran.
Le Charles-de-Gaulle change de cap
L’information a été révélée par BFM TV dimanche soir. Le porte-avions nucléaire Charles-de-Gaulle, fleuron de la Marine nationale, interrompt sa mission « Lafayette 26 » en Atlantique Nord pour rejoindre la Méditerranée orientale. Le bâtiment participait à des exercices de l’OTAN en mer Baltique, dans le cadre de la surveillance des infrastructures sous-marines après des coupures de câbles attribuées à la Russie. Ce déploiement devait durer jusqu’en mai.
La décision intervient après le deuxième conseil de défense convoqué par Emmanuel Macron dimanche à 19 heures. L’Élysée, dans une déclaration conjointe avec Berlin et Londres, a appelé l’Iran à « mettre fin immédiatement à ces attaques inconsidérées ». Le texte va plus loin : les trois pays se disent prêts à « permettre des actions défensives nécessaires et proportionnées pour détruire la capacité de l’Iran à tirer des missiles et des drones à leur source ». C’est la première fois que Paris, Berlin et Londres évoquent explicitement une possible action militaire contre l’Iran dans le cadre de ce conflit.
Trump annonce « quatre semaines ou moins »
Dans une interview téléphonique accordée au Daily Mail et reprise par franceinfo, Donald Trump a détaillé pour la première fois le calendrier qu’il envisage. « Ça a toujours été un processus de quatre semaines, alors aussi fort qu’est l’Iran, le pays est grand, ça prendra quatre semaines ou moins », a-t-il déclaré. Le président américain a également lancé un appel direct à la population iranienne : « Je m’adresse aux Iraniens, récupérez votre pays », selon BFM TV.
Ces déclarations suggèrent que Washington envisage une campagne militaire prolongée, pas une série de frappes ponctuelles. Le Pentagone n’a pas commenté le calendrier avancé par le président.
Neuf morts en Israël, un immeuble soufflé
La riposte iranienne continue de frapper le territoire israélien. À Bet Shemesh, ville située entre Jérusalem et Tel-Aviv, un missile iranien a touché un immeuble résidentiel dimanche soir. Au moins neuf personnes ont été tuées et onze sont portées disparues, selon BFM TV. « Il semble qu’il y ait un immeuble complètement soufflé », rapporte un correspondant sur place. De nouvelles sirènes d’alerte ont retenti à Tel-Aviv dans la soirée, les premières depuis le matin.
Les Émirats rompent avec Téhéran
Les Émirats arabes unis ont annoncé dimanche soir la fermeture de leur ambassade en Iran et le rappel de leur ambassadeur, selon BFM TV. La décision fait suite aux frappes iraniennes qui ont touché le territoire émirati, y compris la base navale française d’Al Salam à Abou Dhabi. Le bilan aux Émirats s’alourdit : trois morts et 58 blessés depuis samedi. Cette rupture diplomatique est un signal fort dans la région, les Émirats ayant longtemps maintenu des canaux de communication ouverts avec Téhéran malgré les tensions.
L’après-Khamenei en question
Après la confirmation officielle de la mort de Khamenei dimanche matin, la question de la succession du régime s’impose. Reza Pahlavi, fils du dernier shah d’Iran renversé en 1979 et installé aux États-Unis, est évoqué par plusieurs médias comme un interlocuteur potentiel pour l’après-Khamenei, rapporte franceinfo. Le neveu de Khamenei, Ali Moradkhani, opposant au régime installé en France, s’est dit « content de la mort » de son oncle sur BFM TV.
Sur le terrain, les frappes américano-israéliennes se poursuivent. Le bilan en Iran dépasse les 200 morts selon les autorités iraniennes. Le détroit d’Ormuz reste bloqué selon les Gardiens de la révolution, le pétrole poursuit sa hausse, et les espaces aériens de huit pays restent fermés. Le général Vincent Desportes, interrogé sur franceinfo, résume le dilemme iranien : « La seule façon pour l’Iran d’arrêter cette guerre, c’est de frapper extrêmement fort. » Une escalade supplémentaire ne peut être exclue dans les heures qui viennent.