Un lance-missiles de 600 mm capable de tirer des ogives nucléaires. C’est la nouvelle pièce que Kim Jong-un vient d’ajouter à l’arsenal nord-coréen, selon l’agence officielle KCNA. Le dirigeant a supervisé la cérémonie de présentation mercredi 18 février à Pyongyang, rapportent 20 Minutes et Le Monde.
« Il n’y a nul besoin d’en dire plus sur son pouvoir destructeur », a déclaré Kim Jong-un, affirmant que l’arme peut « réduire la cible en cendres ». Il a qualifié le système d’« approprié pour une attaque spéciale », un euphémisme courant dans le vocabulaire nord-coréen pour désigner l’usage nucléaire.
Séoul dans le viseur
Selon Hong Min, analyste à l’Institut coréen pour l’unification nationale interrogé par l’AFP, le système aurait une portée estimée à 400 kilomètres. De quoi couvrir l’intégralité de la Corée du Sud. « Son objectif principal est de neutraliser la puissance aérienne combinée de la Corée du Sud et des États-Unis », précise l’expert. « Une seule salve de quatre à cinq ogives nucléaires pourrait dévaster une base aérienne entière. »
Des dizaines de lanceurs étaient alignés sur la place de la Maison de la Culture de Pyongyang, selon les photos diffusées par les médias d’État.
Un congrès pour fixer le cap militaire
Cette démonstration de force intervient à la veille du 9e congrès du Parti des travailleurs, le plus important événement politique du pays. Le précédent s’était tenu en 2021. Kim Jong-un doit y dévoiler les prochaines étapes du programme d’armement et de dissuasion nucléaire. Questions diplomatiques et économiques seront aussi au menu.
Tester, défier, exporter ?
Le dirigeant nord-coréen a ordonné l’augmentation et la modernisation de la production de missiles ces derniers mois. Pyongyang a accéléré ses essais. Selon des analystes cités par l’AFP, cette campagne vise trois objectifs : améliorer les capacités de frappe de précision, défier Washington et Séoul, et tester des armes avant de potentiellement les exporter vers la Russie, alliée de Pyongyang. Le régime nord-coréen a déjà envoyé des milliers de soldats combattre aux côtés de Moscou en Ukraine. La question maintenant, c’est de savoir si ces nouvelles armes prendront le même chemin.