1 500 euros. C’est le maximum que la Caisse des dépôts prendra désormais en charge sur votre Compte personnel de formation (CPF) pour financer une formation. Le décret est tombé ce mercredi 25 février au Journal officiel, et la mesure s’applique dès le lendemain, jeudi 26 février.
Jusqu’ici, un salarié pouvait mobiliser l’intégralité de son solde CPF pour payer une formation, sans plafond d’utilisation. S’il avait 4 500 euros sur son compte et que la formation en coûtait 3 000, il ne sortait pas un centime de sa poche (hors le ticket modérateur de 103 euros). Ce temps-là est révolu.
1 500, 1 600 ou 900 euros selon le type de formation
Le décret fixe trois plafonds distincts. Pour les formations classiques, la prise en charge est plafonnée à 1 500 euros. Les bilans de compétences bénéficient d’un seuil légèrement supérieur, à 1 600 euros. Et pour le permis de conduire, qui représente une part conséquente des dépenses CPF, le plafond tombe à 900 euros.
Concrètement, même si vous avez accumulé 5 000 euros sur votre CPF, vous ne pourrez en utiliser que 1 500 pour une formation à 2 800 euros. Les 1 300 euros restants ? C’est votre portefeuille qui trinque. Le solde inutilisé reste bloqué sur votre compte, disponible pour une prochaine formation, toujours dans la limite du plafond.
Le Parisien rapporte que le ticket modérateur actuel de 103,20 euros devrait lui aussi être revu à la hausse, autour de 150 euros. Mais aucun décret n’a encore été publié sur ce point.
Pourquoi le gouvernement serre la vis
La mesure est inscrite dans la loi de Finances pour 2026, adoptée début février par le Parlement. L’objectif affiché est budgétaire, tout simplement. Le CPF, créé en 2015, a vu ses dépenses exploser ces dernières années, porté par un engouement massif des salariés et, il faut le dire, par des arnaques à répétition qui ont plombé les comptes.
Dès 2022, la Cour des comptes avait tiré la sonnette d’alarme sur le coût du dispositif, selon un rapport repris par Le Figaro. Le gouvernement avait d’abord instauré le reste à charge de 100 euros en mai 2024, qui n’avait pas suffi à endiguer la tendance. Le plafonnement que détaille le Journal officiel constitue un tour de vis supplémentaire.
Ce que ça change concrètement pour les salariés
Pour les formations courtes à moins de 1 500 euros, rien ne change ou presque (il faudra toujours payer le ticket modérateur). Mais pour les formations longues, les reconversions professionnelles ou les certifications coûteuses, la facture va être salée. Un salarié qui voulait se former au code informatique pour 4 000 euros devra désormais débourser 2 500 euros de sa poche.
Les demandeurs d’emploi et les salariés les moins qualifiés, qui bénéficient d’une alimentation majorée à 800 euros par an, sont aussi concernés. Seuls les travailleurs handicapés et les victimes d’accidents du travail devraient être épargnés, d’après les premières analyses des syndicats relayées par France Info.
Le dispositif continue de fonctionner : chaque salarié cumule toujours 500 euros par an, dans la limite de 5 000 euros. Dépenser cet argent devient juste beaucoup plus compliqué.