Plus de pétrole, plus de vols, plus de touristes. Cuba vit sa pire crise énergétique depuis des décennies, et cette fois, c’est Washington qui tient le robinet.

L’étau se resserre sur La Havane

Depuis janvier, l’administration Trump a mis en place un blocus pétrolier qui étrangle littéralement l’économie cubaine. Le mécanisme est simple, selon le New York Times qui a analysé les mouvements de navires dans les Caraïbes : les États-Unis menacent de sanctions les pays qui vendent du pétrole à Cuba. Le Mexique, principal fournisseur de l’île, a fini par annuler ses livraisons. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a qualifié cette décision de « souveraine », tout en prévenant que ces mesures risquaient de provoquer une « crise humanitaire ».

Résultat : les centrales électriques tournent au ralenti. Les coupures de courant durent parfois 16 à 18 heures par jour dans certaines provinces. L’eau ne monte plus dans les immeubles. Les hôpitaux fonctionnent avec des groupes électrogènes quand ils en ont.

Air Canada lâche l’île, Moscou évacue ses touristes

Le Guardian rapporte qu’Air Canada a annulé la totalité de ses vols vers Cuba, faute de carburant disponible sur place pour ravitailler les avions au retour. Une première. Le tourisme canadien, qui représentait une bouée de sauvetage pour l’économie cubaine, s’effondre du jour au lendemain.

Moscou, de son côté, prépare l’évacuation de ses ressortissants sur place. Les touristes russes, nombreux à choisir Cuba comme destination hivernale, se retrouvent coincés dans des hôtels sans électricité ni eau courante, selon le Guardian.

Une population à bout

Sur le terrain, la situation tourne au drame humanitaire. Les files d’attente pour le pain et les produits de base s’allongent. Des enfants mendient dans les rues de La Havane, selon plusieurs témoignages recueillis par la presse britannique. Le quotidien des Cubains, déjà difficile avant cette crise, est devenu invivable.

Cuba s’est dit ouvert à des négociations avec Washington « sans pression ». Mais Donald Trump ne semble pas pressé de desserrer l’étau. Et maintenant ?

Le Mexique a choisi une voie médiane : Claudia Sheinbaum a annoncé l’envoi d’aide humanitaire vers l’île, tout en évitant de froisser son puissant voisin du nord. Un exercice d’équilibriste qui témoigne de la pression exercée par Washington sur toute la région.

Un bras de fer aux conséquences imprévisibles

Reste la question que tout le monde se pose : jusqu’où ira cette stratégie d’asphyxie ? Les précédents ne manquent pas dans l’histoire des relations américano-cubaines. Mais cette fois, l’isolement de l’île est quasi total. Plus de pétrole mexicain, plus de touristes canadiens, des liaisons aériennes coupées.

La communauté internationale observe. Pour l’instant, personne ne bouge.