Cinq puissances européennes viennent de signer un accord pour développer des drones militaires à bas coût. La France, pointée du doigt pour ses dépenses jugées insuffisantes, tente de rassurer.
Le programme LEAP, c’est quoi ?
Réunis ce vendredi 20 février à Cracovie, les ministres de la Défense de cinq pays (France, Allemagne, Italie, Pologne, Royaume-Uni) ont officialisé le lancement du programme LEAP. L’idée : développer des plateformes dronisées autonomes et des « effecteurs », ces drones capables d’accompagner des avions de combat et de larguer des munitions. Le tout à bas coût, selon le ministère britannique de la Défense qui a annoncé l’accord.
La guerre en Ukraine a servi de catalyseur. Les drones intercepteurs y ont prouvé qu’ils pouvaient remplacer des systèmes de défense sol-air beaucoup plus chers, rapporte BFM TV. Les cinq pays signataires, regroupés sous le format « E5 », veulent tirer parti de cette expérience pour protéger le ciel européen.
La France sous pression
Derrière les sourires diplomatiques, les tensions sont palpables. Le ministre polonais de la Défense a publiquement appelé la France, l’Italie et l’Espagne à augmenter leurs budgets militaires, selon l’AFP. Varsovie consacre 4,48 % de son PIB à la défense. La France ? 2,05 %. L’Italie stagne à 2,01 %.
Pire : Johann Wadephul, chef de la diplomatie allemande, a qualifié les efforts français d’« insuffisants » cette semaine. Des propos inhabituellement durs entre alliés.
Catherine Vautrin, ministre française de la Défense, a répondu lors d’une conférence de presse à Cracovie : « La France depuis dix ans a multiplié par deux son budget de la défense, et nous allons continuer. » Elle a ajouté que les États-Unis avaient « invité » les Européens à « prendre en main » leur propre sécurité.
L’ombre américaine
Le 22 février marquera les quatre ans du début de la guerre en Ukraine. Et la question du désengagement américain de l’OTAN plane sur tout le continent. Les cinq pays l’ont dit clairement dans leur déclaration conjointe : « L’OTAN demeure la pierre angulaire de la défense collective, et nous sommes prêts à assumer une plus grande responsabilité pour la sécurité de l’Europe. »
En clair : les Européens se préparent à devoir se débrouiller davantage seuls.
Au sommet de La Haye en 2025, les alliés de l’OTAN se sont engagés à porter leurs dépenses de défense à 5 % du PIB. Un objectif qui semble encore très lointain pour la plupart des pays du continent. Et maintenant ?