41 % d’approbation. C’est le chiffre qui planait au-dessus du Capitole mardi soir, quand Donald Trump s’est levé pour prononcer son discours sur l’état de l’Union devant le Congrès réuni en session plénière.
Le show plutôt que le programme
On attendait des annonces. À un an des élections de mi-mandat, les présidents américains profitent d’habitude de ce rendez-vous pour dérouler leur feuille de route. Pas cette fois. Trump a préféré transformer la soirée en meeting de campagne de près de deux heures, rapporte le New York Times. Pas de nouvelles mesures, pas de plan économique concret. À la place, des attaques à répétition contre le camp démocrate, qualifié tour à tour de « fou », d « antipatriote » et de « destructeur ».
« Ces gens sont dingues, je vous le dis, ils sont dingues », a lâché le président en racontant l histoire d’un jeune contraint de subir une transition de genre. La salle républicaine applaudissait debout. L’autre moitié fulminait.
Un élu expulsé, encore
Le moment le plus tendu ? L’expulsion du représentant Al Green, élu du Texas, déjà viré l’an dernier pour avoir brandi sa canne en direction de Trump. Cette fois, il a levé une pancarte proclamant « Les Noirs ne sont pas des singes », en réaction à une vidéo raciste récemment partagée par le président sur les réseaux sociaux, selon le New York Times. Les démocrates ont multiplié les confrontations. Trump, visiblement, n’attendait que ça.
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L’économie, le vrai point faible
Le président a consacré la première moitié de son discours à vanter « l’âge d’or de l’Amérique ». Problème : les Américains n’y croient pas. Près de 60 % d’entre eux désapprouvent sa gestion économique, selon un sondage relayé par Le Monde. Plus de 70 % estiment que ses priorités sont mal placées, d’après les enquêtes compilées par le New York Times. Et la Cour suprême vient d’annuler une bonne partie de ses droits de douane, pilier de sa stratégie commerciale.
Plutôt que de reconnaître ces difficultés, Trump a qualifié le mot « accessibilité » de « mensonge sale et pourri » inventé par les démocrates. Une stratégie risquée à moins d’un an du scrutin qui décidera du contrôle du Congrès.
L’Iran au centre de la politique étrangère
Sur le volet international, le ton s’est durci sur l’Iran. Le président a adopté une posture belliqueuse sur le dossier nucléaire iranien, rapporte Al Jazeera, provoquant une réponse cinglante de Téhéran, qui a dénoncé de « gros mensonges ». Pendant ce temps, plusieurs pays demandent à leurs ressortissants de quitter l’Iran, dans un contexte de menace militaire américaine de plus en plus explicite.
Reste une question qui va hanter les républicains jusqu’en novembre : quand le spectacle ne suffit plus à masquer les chiffres, que met-on sur la table ?