Une détonation a réveillé le quartier de Huseby, dans l’ouest d’Oslo, dans la nuit de samedi à dimanche. La cible : l’ambassade des États-Unis en Norvège. L’explosion n’a fait aucune victime, mais la police norvégienne a immédiatement bouclé le périmètre et ouvert une enquête. Dans un pays rarement confronté à ce type d’incident, la nouvelle a provoqué un choc.

Une déflagration sans victimes, mais des dégâts visibles

Selon les premiers éléments relayés par la BBC et Le Monde, l’explosion s’est produite devant l’enceinte de la représentation diplomatique américaine. La déflagration a causé des dommages matériels qualifiés de « mineurs » par les autorités : vitres soufflées, éclats de façade, véhicules endommagés sur le parking. Aucun membre du personnel diplomatique ni aucun riverain n’a été blessé.

La police d’Oslo a rapidement déployé un important dispositif de sécurité autour de l’ambassade et des bâtiments voisins. Les démineurs ont été appelés pour sécuriser la zone et procéder aux premières constatations techniques. Le quartier de Huseby, habituellement calme, est resté bouclé une partie de la nuit.

La police n’exclut pas un acte terroriste

C’est la déclaration qui a fait basculer l’affaire : lors d’un point presse tenu dans la matinée de dimanche, un porte-parole de la police d’Oslo a confirmé que la piste d’un « possible acte terroriste » était activement examinée. Le service de sécurité intérieure norvégien, le PST, a été associé à l’enquête dès les premières heures, selon BFM TV.

Les enquêteurs ont toutefois précisé que d’autres hypothèses restaient sur la table. « Nous travaillons sur plusieurs motifs possibles et il serait prématuré de tirer des conclusions », a indiqué la police, citée par Le Figaro. Aucune revendication n’a été formulée à ce stade, et les autorités ont lancé un appel à témoins.

Un contexte géopolitique explosif

L’incident survient alors que le monde traverse l’une de ses crises les plus graves depuis des décennies. Depuis le 28 février, les États-Unis et Israël mènent une offensive militaire contre l’Iran, un conflit entré dans son neuvième jour ce dimanche. Les frappes ont touché des infrastructures pétrolières jusque dans Téhéran, plongeant la capitale iranienne sous un nuage de fumée noire, rapporte Courrier International.

L’Iran a riposté en lançant des missiles et des drones contre des pays alliés de Washington dans le Golfe. Le Koweït, Bahreïn et les Émirats arabes unis ont tous été visés. Selon l’ambassadeur iranien auprès des Nations unies, au moins 1 200 civils iraniens ont péri depuis le début des hostilités. Côté américain, sept militaires ont été tués, dont le dernier décès a été annoncé dimanche par le Pentagone.

Ce climat de guerre ouverte a conduit les chancelleries du monde entier à relever leur niveau d’alerte. Les ambassades américaines, en particulier, font l’objet d’une surveillance renforcée depuis le début du conflit.

La Norvège, un allié discret mais exposé

Membre fondateur de l’OTAN et partenaire fidèle des États-Unis, la Norvège se considère rarement comme une cible. Le pays scandinave, qui compte à peine 5,5 millions d’habitants, a longtemps cultivé une image de neutralité active, privilégiant la médiation internationale aux démonstrations de force.

Pourtant, Oslo porte encore les cicatrices du 22 juillet 2011, lorsque Anders Breivik avait fait exploser une bombe dans le quartier gouvernemental avant de massacrer 69 personnes sur l’île d’Utøya. Cet attentat, le pire sur le sol norvégien, avait durablement modifié l’appareil sécuritaire du pays. Les autorités avaient alors renforcé la surveillance des mouvements extrémistes intérieurs.

L’explosion de dimanche pose une question différente. Si la piste terroriste se confirme, elle pourrait témoigner d’une extension des tensions du Moyen-Orient jusqu’au cœur de la Scandinavie, un scénario que les services de renseignement européens redoutaient depuis le déclenchement des hostilités.

Une enquête sous haute pression

Les autorités norvégiennes ont promis des résultats rapides. Le PST, équivalent norvégien de la DGSI française, dispose de moyens techniques avancés et d’une coopération étroite avec les services de renseignement alliés, notamment américains et britanniques. L’analyse des caméras de surveillance du quartier et des résidus explosifs devrait fournir des premières pistes dans les heures à venir.

Le département d’État américain, de son côté, n’avait pas encore réagi publiquement dimanche soir. L’ambassade des États-Unis à Oslo est restée fermée « jusqu’à nouvel ordre », selon des sources diplomatiques citées par la BBC.

Alors que l’Europe renforce ses dispositifs de sécurité face aux risques de débordement du conflit au Moyen-Orient, la réunion extraordinaire des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne, prévue mardi 10 mars à Bruxelles, pourrait désormais intégrer cet incident à son ordre du jour.