Plusieurs millions d’euros. C’est le prix qu’a dû payer la société propriétaire du pétrolier « Grinch » pour récupérer son navire, immobilisé depuis trois semaines dans le port de Fos-sur-Mer.

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé ce mardi 17 février sur X que le navire, soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe, quittait les eaux françaises. « Contourner les sanctions européennes a un prix. La Russie ne financera plus impunément sa guerre via une flotte fantôme au large de nos côtes », a déclaré le chef de la diplomatie.

Arraisonné en mer d’Alboran

L’histoire commence le 22 janvier. La Marine nationale intercepte le « Grinch » dans les eaux internationales de la mer d’Alboran, entre l’Espagne et le Maroc. Le pétrolier est alors soupçonné de faire partie de cette fameuse flotte fantôme, ces dizaines de navires qui transportent du pétrole russe en contournant les sanctions imposées par l’Union européenne après l’invasion de l’Ukraine.

Le navire est escorté jusqu’à Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône, où il reste à quai pendant trois semaines. Une immobilisation coûteuse pour ses propriétaires, en plus de l’amende qui allait suivre.

Condamnation express à Marseille

Le parquet, la préfecture des Bouches-du-Rhône et la préfecture maritime de Méditerranée ont publié un communiqué commun ce mardi. La société propriétaire du navire a été condamnée par le tribunal judiciaire de Marseille dans le cadre d’une procédure de comparution sur reconnaissance de culpabilité (CRPC). Le montant exact de l’amende n’a pas été communiqué, mais on parle de « plusieurs millions d’euros » versés sous forme de peine pécuniaire de confiscation.

Un signal envoyé à Moscou

La France n’est pas la seule à traquer ces navires. Depuis le début du conflit en Ukraine, plusieurs pays européens tentent de démanteler ce réseau maritime parallèle. Des dizaines de pétroliers naviguent sous des pavillons de complaisance, sans assurance conforme, pour acheminer du brut russe malgré l’embargo.

Mais c’est la première fois que la France va aussi loin dans la sanction. L’arraisonnement du « Grinch » en janvier avait déjà marqué les esprits. Avec cette condamnation, Paris envoie un message clair : les eaux françaises ne sont plus une zone de transit tranquille pour la flotte fantôme.

Reste une question. Le « Grinch » repart libre, certes allégé de quelques millions. Mais combien d’autres navires continuent de sillonner la Méditerranée en toute discrétion ?