Deux jours de négociations à Genève, et toujours pas d’accord en vue. Les discussions trilatérales entre la Russie, l’Ukraine et les États-Unis se sont terminées ce mercredi sans avancée décisive, à quelques jours du quatrième anniversaire de l’invasion russe.

Deux heures et puis s’en va

Après une première journée de pourparlers qui s’est étirée tard mardi soir, la session de mercredi n’a duré que deux heures. Un contraste qui en dit long sur la température des échanges. L’envoyé américain Steve Witkoff avait pourtant affiché un certain optimisme avant cette deuxième journée. Raté.

Le négociateur russe Vladimir Medinsky a qualifié les discussions de « difficiles » mais « constructives ». Côté ukrainien, Volodymyr Zelensky a lui aussi reconnu que ça n’avait « pas été facile », rapporte la BBC. Le ministre ukrainien de la Défense Roustem Oumerov s’est montré un poil plus positif, décrivant des échanges « substantiels et intensifs », selon Al Jazeera. Mais personne n’a donné de détails concrets.

Fait intéressant : après la clôture officielle des discussions, Medinsky est retourné sur place pour une réunion à huis clos avec la délégation ukrainienne. Environ une heure et demie de face-à-face dont rien n’a filtré.

Le Donbass, mur infranchissable

Le nœud du problème reste le même depuis des mois. Moscou exige le contrôle total de la région du Donbass, c’est-à-dire les oblasts de Donetsk et Louhansk. Pour Kiev, c’est inenvisageable. Zelensky a confié au média américain Axios qu’un tel plan serait rejeté par les Ukrainiens en cas de référendum.

Le président ukrainien n’a pas mâché ses mots non plus envers Washington. Après que Donald Trump a lancé lundi que l’Ukraine « ferait mieux de venir à la table rapidement », Zelensky a rétorqué que ce n’était « pas juste » de demander à son pays de céder, rapportent la BBC et Al Jazeera.

Autre point de friction : la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d’Europe, sous contrôle russe depuis mars 2022. Kiev veut la récupérer. Zelensky a évoqué l’idée d’un contrôle partagé avec les Américains, une option que Moscou rejette.

L’Europe frappe à la porte

Des représentants britanniques, français, allemands et italiens étaient présents à Genève. Pas autour de la table principale, mais en marge, pour des entretiens avec les Ukrainiens. L’Europe peine à se faire une place dans ces négociations pilotées par Washington. Zelensky a rappelé que la participation européenne était « indispensable » pour tout accord final.

Les délégations russe et ukrainienne s’étaient déjà retrouvées en janvier à Abou Dabi, sous médiation américaine. Ces discussions avaient débouché sur le premier échange de prisonniers en plusieurs mois. Mercredi, Zelensky a laissé entendre qu’un nouvel échange pourrait suivre.

Prochaine réunion « bientôt », a promis Medinsky. Sans date. Le 24 février marquera quatre ans jour pour jour depuis le début de l’invasion russe. Et la paix reste un mot qu’on prononce beaucoup à Genève, sans que personne ne sache encore ce qu’il signifie concrètement.