Deux cent cinquante millions d’euros. Pour treize personnes. C’est, selon BFM TV, ce que les héritiers de la famille Dassault ont touché en dividendes pour l’année 2025. Un montant qui a tout simplement doublé par rapport à 2021.

L’empire qui tourne à plein régime

Derrière ce chiffre, il y a une mécanique bien huilée. Le Groupe industriel Marcel Dassault (GIMD), la holding familiale, détient 66% de Dassault Aviation et 40% de Dassault Systèmes. Deux géants cotés en Bourse, dont les résultats ont explosé ces dernières années.

Dassault Aviation d’abord. Les livraisons de Rafale en 2025, vingt-six avions de combat, ont dépassé les prévisions, rapporte BFM Bourse. Le bénéfice de l’avionneur a progressé de 30%, dépassant le milliard d’euros. La montée en puissance de la défense européenne après la guerre en Ukraine a largement tiré les carnets de commandes. Dassault Systèmes, de son côté, a plus que doublé ses versements à la famille en cinq ans, à 137 millions d’euros.

Résultat: GIMD devrait toucher 427 millions d’euros de dividendes sur 2025 au total, selon le consensus des analystes cité par BFM TV. Les deux tiers atterrissent dans les poches des héritiers, soit les fameux 250 millions. Le solde, une centaine de millions, reste dans la trésorerie du groupe, déjà estimée entre 4 et 5 milliards d’euros par plusieurs sources proches du dossier.

La 4e génération aux commandes

Il y a aussi une histoire de famille derrière les chiffres. Serge Dassault, fondateur de l’empire dans sa version moderne, est mort en 2019. Son épouse Nicole, un an après. Dans son testament, Serge avait imposé une clause: aucun héritier ne pourrait céder ses titres GIMD pendant dix ans à compter de sa mort ou de celle de Nicole. Autrement dit, la première fenêtre de cession s’ouvre en 2029.

En attendant, la quatrième génération a pris les commandes du conseil de surveillance. L’été dernier, Laurent Dassault a cédé sa place à ses deux fils, Julien et Adrien. À l’automne, Thierry Dassault a fait de même au profit de son fils Vincent. Bilan: les petits-enfants de Serge représentent désormais 75% des votes au conseil.

L’actionnariat compte officiellement treize héritiers, répartis en quatre branches à 25% chacune. La famille n’a pas souhaité commenter les chiffres de dividendes, que le groupe ne rend pas publics.

2029, la grande question

Bref, tout va bien pour la famille Dassault. Mais la vraie question, celle qui agite les milieux financiers depuis plusieurs années, c’est ce qui se passera en 2029. Des rumeurs de cession circulaient déjà avant le décès d’Olivier Dassault en 2021. Laurent Dassault, cadet de Serge, serait lui aussi tenté par une vente, selon plusieurs sources du secteur évoquées par BFM TV.

Un héritier qui vendrait ses 25% de GIMD aurait de quoi négocier. À titre d’indication, le groupe pèse des milliards d’euros en actifs cotés, sans compter la trésorerie. Pas sûr que tout le monde veuille tenir jusqu’en 2029.

La réponse dans trois ans. En attendant, les dividendes tombent, ponctuels comme une horloge.