0,3 %. C’est le chiffre publié ce mercredi 18 février par l’INSEE pour l’inflation en France au mois de janvier 2026. Un niveau qui fait presque figure d’anomalie, tant il tranche avec les mois précédents.

Un plancher qui surprend les économistes

Depuis la fin de la crise inflationniste de 2022-2023, les prix ralentissent progressivement en France. Mais le chiffre de janvier marque un cap. Sur un an, la hausse des prix à la consommation n’a atteint que 0,3 %, selon les données définitives de l’Institut national de la statistique. On parle du taux le plus faible enregistré depuis plusieurs mois, et l’un des plus bas en Europe.

Concrètement, ce ralentissement s’explique par plusieurs facteurs qui se sont alignés au même moment. Les prix de l’énergie ont continué leur repli, tirés vers le bas par un pétrole qui reste sous les 80 dollars le baril. Côté alimentation, la tendance est plus nuancée : si certains produits de base ont vu leurs étiquettes baisser légèrement, d’autres résistent. Les ménages qui font leurs courses le ressentent bien, la facture du supermarché reste salée pour beaucoup.

L’effet calendrier, ce facteur méconnu

Mais le gros de l’explication se trouve du côté du calendrier commercial. En janvier, les soldes d’hiver ont pesé lourd dans la balance. Les promotions sur le textile, l’électroménager ou encore la high-tech ont tiré l’indice vers le bas de manière significative. C’est un phénomène récurrent, mais cette année, la période de soldes a été plus agressive que d’habitude, avec des rabais qui ont dépassé les 50 % dans certaines enseignes.

L’INSEE rappelle que l’effet du calendrier joue un rôle technique dans le calcul de l’indice des prix. Autrement dit, ce 0,3 % ne veut pas forcément dire que tout coûte moins cher au quotidien.

Faut-il s’en réjouir ?

Sur le papier, une inflation basse, c’est une bonne nouvelle pour le pouvoir d’achat. Les salaires, même avec des revalorisations timides, gagnent en valeur réelle quand les prix stagnent. Pour les emprunteurs, c’est un signal positif aussi : la Banque centrale européenne pourrait maintenir sa politique de baisse des taux directeurs, voire accélérer.

Mais les économistes tempèrent. Une inflation trop basse sur la durée, ça peut aussi refléter une demande atone. Si les Français consomment moins, c’est peut-être parce qu’ils n’ont pas confiance. Et dans ce cas, les entreprises embauchent moins, investissent moins. Le cercle devient moins vertueux.

La prochaine publication de l’INSEE, attendue en mars, dira si ce 0,3 % était un trou d’air ou le début d’une vraie tendance. En attendant, les rayons des supermarchés n’ont pas encore reçu le mémo.