Mille habitants priés de partir. À Cheffes-sur-Sarthe, dans le Maine-et-Loire, le maire et le préfet ont ordonné l’évacuation totale de la commune ce vendredi matin. La Sarthe culmine à 6,60 mètres et continue de grimper, centimètre par centimètre, sans que personne ne sache quand le pic sera atteint.

Des tracteurs pour seul moyen de transport

Environ 300 riverains avaient déjà quitté les lieux ces derniers jours, selon le maire Marc Dutruel. Pour les autres, la municipalité a déployé des tracteurs qui font des allers-retours dans les rues submergées. Barques et engins agricoles, voilà ce qui reste pour circuler. Si la rivière dépasse 6,80 mètres, le courant électrique de toute la commune sera coupé, rapporte BFM TV.

Trois départements restent en vigilance rouge crues : la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire et la Charente-Maritime. Le Lot-et-Garonne et la Gironde, qui étaient en rouge depuis plusieurs jours, sont redescendus en orange. Quatorze autres départements restent en vigilance orange.

Lecornu promet une reconnaissance de catastrophe naturelle sous cinq jours

Le premier ministre Sébastien Lecornu a pris la parole sur les réseaux sociaux : « Toutes les forces de l’État sont mobilisées. » Les premières décisions de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle seront prises « dans les cinq jours », selon Matignon. Le ministre Roland Lescure réunit les assureurs ce vendredi pour accélérer les indemnisations, indique TF1 Info.

Côté agricole, le tableau est sombre. La ministre Annie Genevard a déclenché les dispositifs calamités agricoles et indemnité de solidarité nationale. À Senestis, dans le Lot-et-Garonne, une maraîchère a vu 8 000 mètres carrés de fraises hors-sol emportés par les eaux. Perte estimée : 100 000 euros de chiffre d’affaires minimum, « sans compter les structures », confie-t-elle à BFM TV.

La SNCF paralysée dans l’ouest

Les perturbations ferroviaires s’accumulent. La ligne Nantes-Angers est très perturbée, tout comme l’axe Nantes-Le Mans. Entre Périgueux et Niversac, c’est carrément coupé jusqu’au 2 mars. L’axe Bordeaux-Macau est bloqué par des arbres tombés lors du passage de la tempête Pedro.

La France vient d’enchaîner 36 jours de pluie consécutifs. Même si le temps s’annonce plus sec ce vendredi, Vigicrues et Météo-France préviennent : accalmie ne veut pas dire décrue. Les sols, gorgés d’eau, mettront du temps à absorber. Et pour les sinistrés qui attendent de rentrer chez eux, la patience reste le seul mot d’ordre.