Deux porte-avions, des exercices navals russo-iraniens et un ultimatum à peine voilé. La tension entre Washington et Téhéran vient de franchir un cran supplémentaire.
Le Pentagone muscle son dispositif
Le New York Times révélait mardi soir que l’armée américaine repositionne ses moyens dans la région du golfe Persique. Un second porte-avions a rejoint la zone, selon le Guardian. Des bombardiers stratégiques auraient aussi été pré-positionnés sur des bases au Moyen-Orient. Le tout alors que Donald Trump n’a, selon ses proches, « pas encore pris de décision » sur d’éventuelles frappes.
Le président américain a lui-même alimenté la pression. Sur Truth Social, il a prévenu le Royaume-Uni de ne pas céder les îles Chagos, en expliquant que la base militaire de Diego Garcia, dans l’océan Indien, pourrait servir « à neutraliser une attaque potentielle d’un régime très instable et dangereux ». La cible visée ? Téhéran, que Trump n’a même pas eu besoin de nommer.
Téhéran répond par la mer
Pendant que Washington avance ses pions, l’Iran a choisi de répondre en s’affichant aux côtés de Moscou. Al Jazeera rapporte que les deux pays ont annoncé des exercices navals conjoints dans la mer d’Oman, un signal clair envoyé aux Américains. Le message est limpide : en cas de confrontation, l’Iran ne serait pas isolé.
Le président iranien a de son côté nié toute ambition nucléaire militaire, allant jusqu’à évoquer « la honte » ressentie face aux manifestations massives qui secouent le pays depuis des mois.
Des négociations sur le fil
Le paradoxe, c’est que ces démonstrations de force accompagnent des pourparlers actifs. Selon le Guardian, un premier round de discussions entre diplomates américains et iraniens a permis de dégager des « principes directeurs ». Téhéran a confirmé que les échanges avaient été « constructifs ».
Sauf que l’ultimatum reste en toile de fond. Washington l’a répété cette semaine, rapporte Al Jazeera : soit l’Iran accepte un accord crédible sur son programme nucléaire, soit il s’expose à des frappes militaires. La diplomatie ou les bombes.
Et la France dans tout ça ?
Pour Paris, le dossier iranien est loin d’être abstrait. La France fait partie des signataires historiques de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien de 2015, torpillé par Trump lors de son premier mandat. Un conflit ouvert dans le golfe Persique aurait des répercussions directes sur les prix de l’énergie en Europe, à un moment où la facture pèse déjà lourd sur les ménages français.
Reste une question que personne ne pose vraiment : Trump bluffe-t-il, ou est-ce que cette fois, les porte-avions ne sont pas là juste pour la photo ?