Une attelle en titane, un genou en vrac et une médaille de bronze au cou. Flora Tabanelli, 18 ans, a offert lundi soir l’une des plus belles histoires de ces JO de Milan-Cortina en montant sur le podium du Big Air, trois mois à peine après s’être rompu les ligaments croisés du genou droit.
Opération reportée pour viser les Jeux
En novembre dernier, le diagnostic tombe comme un couperet pour la jeune Italienne : rupture des ligaments croisés. Pour la plupart des athlètes, c’est la fin de la saison, direction le bloc opératoire. Tabanelli, elle, a fait un choix qui en dit long sur son caractère. Pas d’opération. Pas tout de suite. Les JO d’abord.
« C’était ma seule compétition de 2026 », a-t-elle confié après la finale. « J’étais blessée avant, donc je n’ai participé à aucune autre compétition, et après ces Jeux, je me ferai opérer pour revenir plus forte la saison prochaine. » Un pari risqué. Un pari gagnant.
Un 1620 tenté « peut-être deux fois l’an dernier »
Pour décrocher le bronze, Tabanelli n’a pas fait dans la demi-mesure. Lors de la dernière manche de la finale, elle a tenté un 1620, une figure qu’elle n’avait réalisée « peut-être que deux fois » la saison précédente. Avec son attelle en titane vissée au genou, qui gênait sa botte et la rendait « pas tout à fait à l’aise » selon ses propres mots.
« Je voulais tout donner, car si on ne le fait pas en finale olympique, quand le fera-t-on ? » Difficile de lui donner tort.
L’ombre de Lindsey Vonn
Le parallèle avec Lindsey Vonn s’impose. La skieuse américaine de 41 ans avait pris le même genre de risque, en s’alignant aux JO malgré une rupture totale des ligaments du genou gauche. Sauf que pour elle, les choses ont très mal tourné : fracture de la jambe gauche lors de la descente olympique le 8 février, quatre opérations depuis. Tabanelli, elle, repart avec du bronze et la certitude d’avoir eu raison d’y croire.
Après la cérémonie, la jeune Italienne a serré son frère Miro dans ses bras (lui aussi engagé en slopestyle, 17e, et en Big Air masculin, 25e). « La moitié de cette médaille lui revient. Il s’est investi corps et âme pour m’aider après ma blessure. » La famille Tabanelli n’a pas eu besoin de beaucoup de mots. « Une étreinte a suffi. »