La télévision d’État iranienne a confirmé dimanche matin ce que Donald Trump affirmait depuis la veille : le guide suprême Ali Khamenei est mort dans les frappes américano-israéliennes de samedi. L’Iran a décrété quarante jours de deuil national. Mais le pays n’est pas entré en deuil silencieux. Des missiles balistiques iraniens ont de nouveau visé Israël et les bases américaines dans le Golfe dans la nuit de samedi à dimanche, tandis que l’armée israélienne poursuivait ses bombardements sur Téhéran.
40 hauts gradés tués dans la frappe initiale
L’armée israélienne a livré dimanche un bilan détaillé de l’opération « Fureur épique ». Selon un porte-parole militaire, la frappe initiale de samedi a tué 40 hauts responsables militaires iraniens, dont Ali Khamenei. « La tête du serpent a été coupée », a déclaré le porte-parole, cité par BFM TV. L’état-major affirme avoir frappé 500 cibles en 24 heures avec 200 avions de combat. Ces chiffres n’ont pas été vérifiés de manière indépendante.
Le président iranien Masoud Pezeshkian a qualifié la mort de Khamenei de « grand crime » et promis que l’Iran « ne pliera pas », selon son bureau. Dans les rues de Téhéran, la population est divisée. Des rassemblements de deuil côtoient des célébrations discrètes de la chute du guide suprême, rapporte franceinfo, qui a diffusé des images de ces scènes contradictoires.
Nouvelles frappes sur Téhéran, missiles vers Chypre
Les frappes n’ont pas cessé avec l’annonce de la mort de Khamenei. Dimanche matin, de nouvelles explosions ont été signalées dans le centre de Téhéran, selon la télévision d’État iranienne. Des images de colonnes de fumée au-dessus de la capitale ont circulé sur les réseaux sociaux et ont été reprises par BFM TV.
En parallèle, la riposte iranienne s’est étendue au-delà du Moyen-Orient. Le ministre britannique de la Défense a confirmé que deux missiles balistiques iraniens avaient été tirés « en direction de Chypre », tout en précisant qu’il ne pensait pas que l’île méditerranéenne était directement visée, selon BFM TV. Le Royaume-Uni dispose de deux bases militaires souveraines sur l’île. Des alertes ont de nouveau retenti dans tout Israël dimanche, avec des explosions entendues au-dessus de Tel-Aviv.
Les Gardiens de la révolution ont promis un « châtiment sévère » et annoncé viser « 27 bases américaines au Moyen-Orient », selon Al Jazeera. De nouvelles explosions ont été signalées à Dubaï, Doha et Manama dimanche, ciblant des installations liées à la présence militaire américaine dans le Golfe.
Manifestations meurtrières au Pakistan
La mort de Khamenei a déclenché des manifestations dans plusieurs pays. Au Pakistan, des milliers de manifestants pro-Iran ont tenté de prendre d’assaut le consulat des États-Unis à Karachi. Au moins neuf personnes ont été tuées dans les affrontements, selon Al Jazeera. Des rassemblements de soutien à l’Iran ont également eu lieu en Inde et en Irak, rapporte franceinfo.
Plusieurs analystes s’interrogent sur la stabilité du régime iranien après la disparition de son pilier. « La mort de Khamenei enclenche un processus qui peut nous amener à la fin de ce régime », estime Maneli Mirkhan, spécialiste de l’Iran, sur franceinfo. D’autres mettent en garde contre l’effet inverse : « Le vide de pouvoir pourrait engendrer une direction plus agressive », prévient une analyse publiée par Al Jazeera dimanche.
Macron convoque un deuxième conseil de défense
En France, Emmanuel Macron a convoqué un deuxième conseil de défense à 19 heures ce dimanche, après celui tenu samedi soir. À l’issue de la première réunion, le président avait déclaré que « le travail diplomatique devait reprendre ses droits », selon franceinfo. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a demandé à Macron de réunir les dirigeants de tous les partis politiques pour un « point complet » sur la situation et « éclaircir le rôle de la France », rapporte BFM TV.
La question qui domine à Paris comme dans les capitales européennes : jusqu’où ira l’escalade ? Les frappes se poursuivent des deux côtés, les espaces aériens restent fermés, les Gardiens de la révolution ont annoncé le blocage du détroit d’Ormuz, et le Conseil de sécurité de l’ONU n’a adopté aucune résolution samedi soir. Donald Trump a réaffirmé dimanche que les opérations militaires continueraient « sans interruption » dans les jours à venir.