Le guide suprême iranien Ali Khamenei aurait été tué dans les frappes américano-israéliennes de ce samedi 28 février. C’est Donald Trump qui l’a affirmé en soirée sur Truth Social, le qualifiant d’« un des personnages les plus malfaisants de l’Histoire ». Quelques heures plus tôt, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu déclarait voir « de nombreux signes » que Khamenei n’était « plus en vie ». L’Iran, de son côté, n’a toujours pas confirmé cette information.

Ce que disent les Américains et les Israéliens

La résidence fortifiée du guide suprême, connue sous le nom de Leadership House, a été visée dès les premières minutes de l’opération baptisée « Fureur épique ». Des images satellite obtenues par la BBC montrent des bâtiments noircis et une épaisse colonne de fumée au-dessus du complexe à Téhéran. Selon l’armée israélienne, sept hauts responsables iraniens auraient été « éliminés » dans les frappes, dont le chef des Gardiens de la Révolution Mohammad Pakpour et Ali Shamkhani, conseiller du guide suprême, rapporte franceinfo.

Trump a écrit sur Truth Social : « En étroite collaboration avec Israël, ni lui ni les autres dirigeants tués avec lui n’ont rien pu faire. » Netanyahu a de son côté affirmé que le complexe avait été détruit lors d’une « frappe surprise puissante », selon le Guardian. Aucun des deux dirigeants n’a fourni de preuve directe du décès.

L’Iran dément, mais ne prouve rien non plus

Du côté iranien, le démenti est venu par fragments. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré plus tôt dans la journée que Khamenei était vivant « pour autant que je sache », rapporte Al Jazeera. Le porte-parole du ministère, Esmail Baqaei, a indiqué à la BBC n’être « pas en mesure de confirmer quoi que ce soit ». Les agences de presse iraniennes Tasnim et Mehr ont quant à elles affirmé que le guide suprême restait « ferme et déterminé à commander sur le terrain ».

En fin de soirée, l’Iran n’avait toujours produit aucune preuve de vie, ni vidéo ni déclaration audio de Khamenei lui-même. Le président iranien Masoud Pezeshkian, dont le bureau a été visé mais qui se trouvait en sécurité selon la télévision d’État, a publié un communiqué sans aborder directement la question, note Le Monde. Cette absence de démenti formel alimente les spéculations, même si plusieurs analystes rappellent que les communications iraniennes sont fortement perturbées par une coupure quasi totale d’internet détectée depuis le matin.

Qui est Ali Khamenei

Ali Khamenei, 86 ans, dirigeait la République islamique depuis 1989 en tant que guide suprême, succédant au fondateur du régime, l’ayatollah Rouhollah Khomeini. Dans le système politique iranien, le guide suprême détient l’autorité ultime : il contrôle les forces armées, la politique étrangère, le pouvoir judiciaire et dispose d’un droit de veto sur toutes les décisions de l’État. Le président de la République, élu au suffrage universel, lui est constitutionnellement subordonné.

Sous son autorité, l’Iran a traversé plusieurs crises majeures. Le Mouvement vert de 2009, après la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad, avait été réprimé dans le sang. En 2022, le mouvement « Femme, Vie, Liberté », déclenché par la mort de Mahsa Amini, avait secoué le pays pendant des mois. Plus récemment, en janvier 2026, des manifestations massives avaient éclaté dans plusieurs villes iraniennes. Khamenei les avait qualifiées de tentative de « coup d’État » orchestrée depuis l’étranger, rapporte le Guardian.

Une succession jamais préparée publiquement

La question de la succession de Khamenei n’a jamais été abordée ouvertement en Iran. Le Conseil des experts, une assemblée de 88 religieux, est chargé de désigner le prochain guide suprême. Plusieurs noms circulent depuis des années, dont celui de Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême, et d’Ebrahim Raisi, l’actuel président du pouvoir judiciaire. Si la mort de Khamenei se confirme, l’Iran se retrouverait sans guide suprême pour la première fois depuis la fondation du régime en 1979, dans un contexte où son appareil sécuritaire vient d’être frappé de plein fouet.

Les frappes continuent, le détroit d’Ormuz bloqué

Trump a annoncé que les frappes « continueront sans interruption tout au long de la semaine », selon Le Monde. En parallèle, les Gardiens de la Révolution ont bloqué le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial. Plusieurs compagnies pétrolières ont suspendu leurs expéditions, rapporte Le Monde. Les cours du pétrole devraient réagir brutalement dès l’ouverture des marchés asiatiques dimanche soir.

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir en session d’urgence samedi soir à 22 heures, heure de Paris. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont publié une déclaration commune soulignant qu’ils n’avaient pas participé aux frappes, tout en critiquant « les attaques iraniennes contre les pays de la région ». Une position qualifiée de « soutien tacite sans participation offensive » par Le Monde.

L’information sur le décès de Khamenei n’a, à ce stade, été confirmée par aucune source indépendante.