1 600 immeubles sans chauffage en plein hiver. À Kiev, la situation vire au cauchemar.
Jeudi dernier, une attaque russe massive a frappé les infrastructures énergétiques de la capitale ukrainienne. Résultat : 2 600 bâtiments privés de chauffage d’un coup. Trois jours plus tard, dimanche, le maire Vitali Klitschko annonçait sur Telegram que 500 immeubles avaient été reconnectés. Reste environ 1 600 bâtiments résidentiels toujours dans le froid, sur les 12 000 que compte la ville.
Une crise qui s’accumule, semaine après semaine
Le problème ne date pas de jeudi. Les frappes des semaines précédentes avaient déjà mis hors service la centrale qui alimente une bonne partie de Kiev. Plus de 1 100 immeubles tournaient déjà sans chauffage avant cette dernière salve. Les 2 600 nouveaux bâtiments touchés sont venus s’empiler sur un réseau déjà à genoux.
On parle de la pire crise énergétique qu’a connue l’Ukraine depuis le début de l’offensive russe en février 2022. Des centaines de milliers de foyers sans chauffage, sans électricité, avec des températures qui plongent parfois sous les -20°C. Difficile d’imaginer le quotidien.
Les infrastructures ferroviaires aussi dans le viseur
Et Moscou ne se contente pas du réseau électrique. Les frappes nocturnes ont touché des infrastructures ferroviaires dans les régions d’Odessa, au sud, et de Dnipropetrovsk, au centre-est du pays. Le vice-Premier ministre Oleksiï Kouleba l’a confirmé sur Telegram dimanche.
Côté ukrainien, les forces armées ont revendiqué une frappe contre un terminal pétrolier en Russie. Une riposte qui illustre bien l’escalade en cours : chacun tape sur les infrastructures de l’autre, et ce sont les civils qui trinquent.
L’hiver comme arme de guerre
Depuis le début du conflit, la Russie cible méthodiquement le réseau énergétique ukrainien à l’approche de l’hiver. La stratégie est limpide : rendre la vie impossible aux populations civiles quand le thermomètre chute. Cette année, le bilan est plus lourd que jamais. Pas une seule centrale électrique n’aurait été épargnée, selon les déclarations de Volodymyr Zelensky.
Et maintenant ? Les équipes de maintenance travaillent jour et nuit pour rétablir le chauffage. Mais tant que les frappes continuent, chaque réparation risque d’être réduite à néant par le bombardement suivant.