Ce matin à 11 heures, Thierry Frémaux et Iris Knobloch ont ouvert les portes de la 79e édition devant la presse internationale. Sur les 2 541 longs métrages envoyés depuis 141 pays, 21 ont été retenus pour la compétition officielle. Le compte à rebours est lancé : le festival se tient du 12 au 23 mai 2026 à Cannes.
Les grands noms du cinéma mondial de retour sur la Croisette
La sélection mise clairement sur les auteurs confirmés. Pedro Almodóvar revient avec « Amarga Navidad », un film qui marque son retour en compétition après plusieurs années d’absence. L’Iranien Asghar Farhadi présente « Histoires parallèles », tourné en français avec un casting de poids : Isabelle Huppert, Virginie Efira, Vincent Cassel, Pierre Niney et Catherine Deneuve partagent l’affiche. Le Japonais Ryûsuke Hamaguchi, Palme du meilleur scénario pour « Drive My Car » en 2021, revient avec « All of a Sudden ». Son compatriote Hirokazu Kore-eda, déjà Palme d’or en 2018 pour « Une affaire de famille », est également en lice.
L’Europe est bien représentée. Le Roumain Cristian Mungiu (« 4 mois, 3 semaines, 2 jours », Palme d’or 2007) revient avec « Fjord ». Le Polonais Paweł Pawlikowski (« Ida », « Cold War ») présente « Fatherland ». Le Danois Nicolas Winding Refn (« Drive », « Only God Forgives ») entre en compétition pour la première fois depuis 2016 avec « Her Private Hell ». Le Belge Lukas Dhont, Grand Prix en 2022 pour « Close », concourt avec « Coward ». Le Russe Andreï Zviaguintsev (« Léviathan », « Faute d’amour ») présente « Minotaure ». L’Américain Ira Sachs complète cette liste de noms qui comptent dans le cinéma d’auteur mondial, selon Variety, qui a publié la liste complète après l’annonce.
Quatre réalisateurs français en compétition
La France se distingue par le nombre de ses représentants en compétition officielle, un signal fort après une édition 2025 jugée décevante pour le cinéma hexagonal. Léa Mysius, connue pour ses scénarios (« Les Olympiades » de Jacques Audiard), signe « Histoires de la nuit », son deuxième long métrage. Arthur Harari, remarqué avec « Onoda » en 2021, revient avec « L’Inconnue ». Jeanne Herry et Charline Bourgeois-Tacquet complètent la délégation française en compétition, portant à quatre le nombre de réalisateurs français en lice pour la Palme d’or.
Ces quatre présences font de la France le pays le mieux représenté de cette édition, devant le Japon (deux films) et l’Espagne. Parmi les 21 films retenus, cinq ont été réalisés par des femmes, soit 25 % de la sélection, d’après le Hollywood Reporter. C’est légèrement en dessous de la parité, mais en progression par rapport aux dernières éditions.
Park Chan-wook, président qui connaît la compétition de l’intérieur
Le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook présidera le jury de la compétition principale. Son lien avec Cannes n’est pas nouveau : il avait remporté le Grand Prix en 2004 avec « Old Boy » et le Prix du jury en 2009 avec « Thirst ». En 2022, il était reparti avec le Prix de la mise en scène pour « Decision to Leave ». Remonter les marches en tant que président du jury constitue une reconnaissance supplémentaire pour le cinéaste coréen, dont l’oeuvre a influencé toute une génération de réalisateurs à travers le monde.
Sa présence à la tête du jury s’inscrit dans la continuité de l’ouverture internationale du festival, qui avait nommé Bong Joon-ho dans ce rôle en 2019, l’année avant que « Parasite » rafle la Palme d’or. Le jury complet n’a pas encore été révélé dans son intégralité ce matin, Thierry Frémaux ayant précisé que des noms supplémentaires seraient annoncés prochainement.
Peter Jackson, Barbra Streisand et une Carrosse d’or pour Claire Denis
Trois personnalités recevront des distinctions honorifiques lors de cette édition. Le Néo-Zélandais Peter Jackson, dont la trilogie « Le Seigneur des Anneaux » a redéfini le cinéma de divertissement mondial dans les années 2000, recevra une Palme d’honneur. L’Américaine Barbra Streisand, chanteuse et actrice oscarisée, se verra remettre la même distinction. Deux carrières aux trajectoires radicalement différentes, deux monuments du 20e siècle que le festival honore dans la même soirée.
La réalisatrice française Claire Denis recevra quant à elle la Carrosse d’or, remise par la Société des réalisateurs de films. Auteure de « Beau Travail », « 35 Rhums » ou « Avec amour et acharnement », Claire Denis est l’une des voix les plus singulières du cinéma français contemporain. La Carrosse d’or couronne l’ensemble d’une oeuvre qui a mis des décennies à trouver la reconnaissance institutionnelle qu’elle méritait.
John Travolta signe son premier film, Pierre Salvadori ouvre le bal
La section Cannes Première réserve une surprise inattendue : John Travolta, 71 ans, y présentera « Vol de nuit pour Los Angeles », son premier long métrage en tant que réalisateur. L’acteur de « Pulp Fiction » et « La Fièvre du samedi soir » passe derrière la caméra pour la première fois de sa carrière. Son film concourt pour la Caméra d’or, le prix décerné au meilleur premier film toutes sections confondues.
Le film d’ouverture hors compétition sera « La Vénus électrique » du Français Pierre Salvadori, réalisateur de « Après vous… » et « Hors de prix ». Un choix qui réserve la compétition aux oeuvres plus ambitieuses tout en assurant une soirée d’ouverture accessible le 12 mai. La section Un Certain Regard, qui accueille traditionnellement les cinémas moins conventionnels, ouvrira avec « Teenage Sex and Death at Camp Miasma » de l’Américaine Jane Schoenbrun, déjà remarquée pour « We’re All Going to the World’s Fair ».
Frémaux a précisé ce matin que la sélection n’est pas encore définitive : des films supplémentaires viendront compléter les différentes sections dans les prochaines semaines. La liste complète de la compétition principale est en revanche arrêtée. Les cérémonies des prix se tiendront le 23 mai 2026, à 33 jours de l’annonce de ce matin.