Depuis ce matin, le site impots.gouv.fr accepte les premières déclarations de revenus 2025. La campagne 2026 s’ouvre le 9 avril, avec plusieurs changements concrets dans les règles fiscales. Bonne nouvelle pour les salariés, moins pour les épargnants : le flat tax sur les placements grimpe de 30 à 31,4%.

Les dates à noter dès maintenant

La déclaration papier doit être envoyée au plus tard le mardi 19 mai 2026, le cachet de la poste faisant foi. Les déclarations en ligne bénéficient de délais plus longs, répartis par zones géographiques selon les numéros de département. Les contribuables des départements 01 à 19, ainsi que les non-résidents, ont jusqu’au jeudi 21 mai à minuit. Ceux des départements 20 à 54 disposent jusqu’au 28 mai. Les autres, des départements 55 à 976, peuvent valider jusqu’au jeudi 4 juin à minuit.

En cas de problème avec internet ou d’absence d’accès suffisant, la déclaration papier reste possible, selon les modalités définies par l’administration fiscale sur service-public.gouv.fr. Pour les retardataires, les pénalités commencent à 10% du montant dû, et montent à 40% si aucune déclaration n’est déposée dans les 30 jours suivant une mise en demeure officielle.

Le barème revalorisé à 0,9% : l’inflation absorbée pour les salariés

Chaque année, le gouvernement ajuste les tranches du barème de l’impôt sur le revenu pour tenir compte de l’inflation. Pour 2026, cette revalorisation est fixée à 0,9%, conformément aux données de l’INSEE. Concrètement, cela signifie qu’un salarié dont les revenus ont augmenté au même rythme que les prix ne paiera pas plus d’impôt qu’en 2025. Sans cette revalorisation automatique, l’impôt progresserait mécaniquement pour des millions de foyers même sans hausse de pouvoir d’achat réel.

Cette mesure est reconduite chaque année depuis des décennies. Elle profite d’abord aux ménages dont les revenus sont indexés sur l’inflation, comme les fonctionnaires ou les retraités dont la pension suit le point d’indice. Pour les actifs du secteur privé avec des augmentations inférieures à l’inflation, l’effet est limité voire nul.

Le flat tax grimpe à 31,4% : la mauvaise nouvelle pour l’épargne

C’est le changement qui impactera le plus les épargnants et les investisseurs. Le prélèvement forfaitaire unique (PFU), souvent appelé « flat tax », passe de 30 à 31,4% en 2026. Cette hausse de 1,4 point résulte d’une modification de la contribution sociale généralisée (CSG), entrée en vigueur le 1er janvier 2026. Le PFU s’applique par défaut aux dividendes, aux intérêts de livrets non défiscalisés, aux plus-values mobilières et à la plupart des revenus du capital.

Pour un contribuable qui reçoit 10 000 euros de dividendes, la facture fiscale passe de 3 000 euros à 3 140 euros, soit 140 euros de plus. Ce n’est pas une rupture, mais c’est une hausse réelle. La décomposition du nouveau taux : 12,8% d’impôt sur le revenu (inchangé) et 18,6% de prélèvements sociaux (en hausse). Selon les informations publiées sur impots.gouv.fr, les contribuables peuvent toujours opter pour le barème progressif si celui-ci s’avère plus favorable, par exemple lorsque le taux marginal d’imposition est inférieur à 11%.

Propriétaires : le micro-foncier élargit son périmètre

Les petits propriétaires-bailleurs bénéficient d’une réforme bienvenue. Le plafond du régime micro-foncier, qui simplifie la déclaration des revenus locatifs, double cette année : il passe de 15 000 à 30 000 euros de loyers bruts annuels. Jusqu’ici, un propriétaire dont les loyers dépassaient 15 000 euros par an devait obligatoirement passer au régime réel, avec ses obligations comptables plus lourdes. Ce seuil relevé à 30 000 euros permet à davantage de bailleurs de conserver la simplicité du régime micro, avec un abattement forfaitaire désormais porté de 30 à 50% des loyers perçus.

En pratique, un propriétaire qui perçoit 24 000 euros de loyers annuels ne sera imposé que sur 12 000 euros (50% d’abattement) au lieu de 16 800 euros (30% d’abattement). L’économie fiscale peut être significative, selon les données de l’Économie.gouv.fr. Ce changement vise à alléger la charge administrative des petits propriétaires et à encourager la mise en location de logements supplémentaires.

Les dons aux Restos du Coeur : plafond doublé pour la réduction d’impôt

Les donateurs aux associations d’aide aux personnes en difficulté bénéficient depuis longtemps d’une réduction d’impôt dite « Coluche », en hommage au comédien qui avait fondé les Restos du Coeur en 1985. Cette réduction est fixée à 75% du montant donné, ce qui est exceptionnel comparé aux 66% applicables aux autres associations. Le plafond de cette niche fiscale vient d’être relevé : il passe de 1 000 à 2 000 euros de dons éligibles.

Concrètement, un contribuable qui donne 2 000 euros aux Restos du Coeur peut désormais déduire jusqu’à 1 500 euros de son impôt. Auparavant, la réduction maximale était plafonnée à 750 euros (75% de 1 000 euros). Ce doublement du plafond arrive dans un contexte de hausse de la pauvreté en France. En 2024, les Restos du Coeur ont distribué un nombre record de repas, selon leurs propres données publiées en bilan annuel.

Télétravail : la déduction reste en place

Pour les salariés en télétravail partiel ou total, le régime de déduction des frais professionnels réels reste applicable. L’abattement forfaitaire de 10% s’applique automatiquement à tous les salariés, sans justification à fournir. Ceux dont les frais réels dépassent ce seuil peuvent opter pour la déclaration des dépenses effectives : matériel informatique, connexion internet, mobilier de bureau, fournitures. Une allocation employeur de télétravail à hauteur de 2,50 euros par jour travaillé à domicile reste exonérée d’impôt, dans la limite de 580 euros annuels.

L’application mobile mise à jour, le service en ligne renforcé

L’application mobile Impôts.gouv a été mise à jour le 7 avril en version 7.3, deux jours avant l’ouverture de la campagne. Elle est disponible sur iOS et Android. Pour les contribuables qui avaient déjà activé l’authentification renforcée mise en place à l’été 2025, l’accès nécessite la validation d’un code envoyé par email. Le site impots.gouv.fr a également intégré une nouvelle fonction de recherche en langage naturel, capable de comprendre des questions formulées approximativement ou avec des fautes de frappe.

Les avis d’imposition seront disponibles progressivement entre fin juillet et début août 2026. Les prélèvements à la source seront ajustés en septembre 2026 sur la base des revenus 2025 déclarés ce printemps. Pour les couples mariés ou pacsés, l’individualisation des taux de prélèvement à la source continue de s’affiner, afin que chaque conjoint voie son prélèvement mensuel correspondre davantage à sa propre contribution fiscale.