70 auditions et un constat accablant. La commission d’enquête parlementaire sur la sécurité des musées a livré ce jeudi 19 février un bilan à mi-parcours qui ne fait pas dans la dentelle.

« Des défaillances systémiques, pas un accident »

Alexandre Portier, député LR et président de la commission, n’a pas mâché ses mots : le cambriolage du 19 octobre dernier, celui qui a permis le vol de joyaux de la Couronne française, « n’est pas un accident ». Il « révèle des défaillances systémiques » et surtout « un déni des risques ». Le pilotage du musée le plus visité au monde serait « défaillant », selon le député.

À ses côtés, le rapporteur Alexis Corbière (ex-LFI) a enfoncé le clou. « Il y a l’impression qu’il y a un cas particulier du Louvre dans son fonctionnement et dans ce que j’appellerais une hyper-présidence au musée du Louvre. » Traduction : trop de pouvoir concentré, pas assez de contre-pouvoirs.

Cambriolage, fraude, fuites d’eau : la liste s’allonge

Le vol des joyaux n’est que la partie émergée. Depuis des mois, les problèmes s’empilent au Louvre. Une fraude à la billetterie de plusieurs millions d’euros a été mise au jour. Des fuites d’eau ont endommagé le bâtiment. Le personnel, mobilisé depuis mi-décembre pour réclamer de meilleures conditions de travail, maintient son préavis de grève. Ce jeudi, le musée n’a d’ailleurs ouvert que partiellement.

Portier s’est interrogé sur le maintien en poste de la présidente Laurence des Cars malgré cette série noire. « Très clairement, il y a une liste de défaillances qui aurait déjà conduit dans pas mal de pays et d’établissements à un départ depuis longtemps », a-t-il lâché, selon Franceinfo.

Dati et des Cars sur le gril la semaine prochaine

Le calendrier s’annonce chargé. Laurence des Cars sera entendue mercredi par la commission. Rachida Dati, ministre de la Culture en partance pour briguer la mairie de Paris, passera sur le gril dès lundi 23 février. Le ministère de la Culture, autorité de tutelle du Louvre, est appelé à « reprendre la main », selon les termes de Portier, qui dénonce « la dérive des pouvoirs publics » dans la gestion de l’établissement.

La commission, créée début décembre, rendra ses conclusions en mai. D’ici là, comme le rapporte Ouest-France, les questions sur la gouvernance du plus grand musée du monde ne font que commencer. Faut-il une refonte complète du système ? Les prochaines auditions donneront peut-être un début de réponse.