500 000 voyageurs en deux mois. Le Câble 1, premier téléphérique urbain d’Île-de-France, affiche des chiffres que même ses concepteurs n’avaient pas vus venir. Mis en service le 13 décembre entre Créteil et Villeneuve-Saint-Georges dans le Val-de-Marne, cet engin qui glisse à 30 mètres au-dessus des toits transporte 13 000 personnes par jour. Et les habitués, eux, n’ont plus envie de reprendre le bus.

Plus long téléphérique urbain d’Europe

4,5 kilomètres de câbles tendus entre cinq stations. Le trajet complet prend une quinzaine de minutes, là où le bus mettait quarante bonnes minutes aux heures de pointe. Pour les habitants du sud du Val-de-Marne, c’est un petit bouleversement quotidien. Des quartiers enclavés depuis des décennies se retrouvent soudain connectés au réseau ferré, sans avoir à supporter les bouchons du matin.

Le projet, porté par Île-de-France Mobilités, aura coûté environ 135 millions d’euros. Pas donné, mais le pari semble déjà payant vu la fréquentation.

Et la sécurité dans les cabines ?

C’était la grosse inquiétude avant le lancement. Des cabines suspendues dans le vide, fermées, avec six ou huit passagers dedans : certains craignaient les agressions, le sentiment d’être piégé. Du coup, la brigade de sécurité des transports a mis en place des patrouilles dès l’ouverture, présentes aux heures de pointe et la nuit.

Deux mois plus tard ? Aucun incident majeur signalé. Les usagers réguliers disent se sentir en sécurité. Les cabines sont équipées de caméras et d’un bouton d’appel d’urgence. Bref, les craintes initiales ne se sont pas matérialisées.

Un modèle pour d’autres villes ?

Plusieurs agglomérations regardent le Câble 1 avec envie. Toulouse, Grenoble et Marseille ont des projets similaires en gestation. L’avantage du téléphérique, c’est qu’il ne touche quasiment pas au sol : pas besoin d’exproprier des terrains, pas de chantier interminable en pleine ville. La contrepartie : le survol des habitations fait toujours grincer des dents chez certains riverains qui redoutent la perte d’intimité.

Pour le Val-de-Marne, le bilan est clair. Un demi-million de trajets en soixante jours, des temps de transport divisés par trois, et une ligne qui désenclave des quartiers oubliés. Reste à voir si la fréquentation tiendra sur la durée, ou si l’effet nouveauté finira par s’estomper.