Frappé par au moins six individus masqués et cagoulés. Quentin Deranque, 23 ans, militant identitaire, est mort samedi 14 février des suites d’un traumatisme crânien après une agression d’une violence rare survenue deux jours plus tôt à Lyon. Ce lundi, le procureur de la République Thierry Dran a tenu une conférence de presse pour faire le point sur l’enquête.
Une agression en marge d’une conférence politique
Les faits remontent à jeudi 12 février, aux alentours de 18 heures. Quentin Deranque et plusieurs de ses proches se trouvaient à proximité d’une salle où se tenait une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan. Leur objectif, selon le procureur : assurer la sécurité de sept membres du collectif féministe Némésis, qui prévoyait une action militante contre l’événement.
Restés en retrait, ils ont été « pris à partie violemment par un groupe d’une vingtaine d’individus masqués, cagoulés », a détaillé Thierry Dran. Si la plupart ont réussi à fuir, trois jeunes hommes se sont retrouvés isolés. Dont Quentin Deranque.
Un traumatisme crânien mortel
Jeté au sol, le jeune homme a été roué de coups par au moins six agresseurs. Quand les secours l’ont pris en charge, il « présentait essentiellement des lésions à la tête », dont un « traumatisme cranio-encéphalique majeur, associé à une fracture temporale droite ». Des blessures qualifiées par le procureur de « mortelles à brève échéance » et « au-delà de toute ressource thérapeutique ».
Transféré à l’hôpital, Quentin Deranque n’a jamais repris connaissance. Il est décédé samedi.
Aucune interpellation, mais une enquête criminelle
Le parquet a ouvert une enquête criminelle sous trois chefs : homicide volontaire, violences aggravées (en réunion, avec dissimulation du visage et port d’armes) et association de malfaiteurs. Une information judiciaire devra suivre, a précisé le procureur.
Plus d’une quinzaine de témoins ont déjà été entendus par la division criminelle territoriale de la police de Lyon. Des vidéos de la scène sont en cours d’analyse. Mais pour l’heure, « il n’y a pas eu d’interpellations », a reconnu Thierry Dran. Le magistrat a insisté : les enquêteurs s’appuient « sur des éléments recueillis lors des investigations, pas sur des rumeurs ».
Un contexte politique tendu
L’affaire a immédiatement provoqué de vives réactions. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a pointé dimanche sur France 2 la possible implication de militants radicaux. Des rassemblements ont eu lieu ce week-end, dont un devant la Sorbonne à Paris, où des banderoles réclamaient « justice pour Quentin ».
Quentin Deranque, lui, « n’avait pas d’antécédents judiciaires », a tenu à souligner le procureur. L’enquête se poursuit.