Voilà longtemps qu’on n’avait pas vu un tel écart dans une mairie de grande ville. À moins d’un mois du premier tour des élections municipales à Lyon, le 15 mars prochain, un nouveau sondage Elabe-Berger Levrault pour BFM TV, BFM Lyon et Le Figaro confirme ce que toutes les précédentes enquêtes d’opinion annonçaient : Jean-Michel Aulas est seul en tête, très loin devant.

43 % contre quoi, exactement ?

L’ancien patron de l’Olympique Lyonnais recueille 43 % des intentions de vote au premier tour. C’est énorme. Derrière lui, Grégory Doucet, le maire sortant écologiste élu en 2020, tourne autour de 28 %. Soit un écart de 15 points entre les deux hommes. Et si l’on projette sur le second tour, Aulas gagnerait dans toutes les configurations testées par Elabe, entre 55 et 57 % des voix selon les scénarios.

Six candidats se présentent cette année. Bref, le combat se joue essentiellement à deux.

Un chef d’entreprise sans étiquette qui rassemble large

Aulas a 76 ans. Aucune expérience politique officielle. Et pourtant, c’est lui qui a réussi à rassembler sous sa bannière des soutiens allant des Républicains jusqu’au camp présidentiel macroniste. Le tout sans vraiment faire de concessions à ces partis, d’après Le Figaro qui le décrit comme quelqu’un qui s’encombre le moins possible des desiderata de ces derniers. Cela fait maintenant un an qu’il a lancé un ballon d’essai dans les colonnes du quotidien, disant réfléchir à une candidature. Le résultat parle de lui-même.

Pierre Oliver, maire LR du 2e arrondissement, est l’un de ses alliés les plus visibles. Et comme il le confie à BFM : « À ce stade, il y a un sujet de maillage en vidéoprotection. » Autrement dit, les caméras manquent. Un argument que l’équipe Aulas ressort depuis des mois, et qui a pris une résonance particulière après la mort de Quentin Deranque le 14 février dernier dans un quartier qui n’était pas couvert par la vidéosurveillance.

La sécurité comme terrain de jeu

La mort du militant nationaliste a rebattu quelques cartes dans la campagne lyonnaise. Aulas a pointé sur France Inter le 17 février le manque de caméras dans la rue où les faits se sont déroulés. Doucet et ses alliés écologistes contestent. « La sécurité est l’un des trois piliers de notre programme », répond Gautier Chapuis, chef de file de la majorité municipale sortante, cité par BFM.

La dispute porte aussi sur les chiffres. La droite reproche à Aulas d’avoir mélangé les données lors de cette même interview sur France Inter, notamment sur le nombre de caméras en place dans la ville. Ce à quoi les soutiens de Doucet s’accrochent. « Depuis qu’il commence à décliner son programme, on voit bien que les Lyonnais sont de plus en plus dubitatifs sur le sérieux de sa candidature », affirme la députée socialiste Sandrine Runel, qui soutient le maire sortant, selon BFM.

C’est possible. Mais les sondages, eux, ne bougent pas.

Ce soir, le grand débat

Ce mardi soir, BFM TV et Le Figaro organisent le premier grand débat entre les principaux candidats lyonnais. C’est là que les jeux pourraient se resserrer, ou se confirmer. À moins d’un mois du vote, chaque prise de parole compte.

Pour Doucet, c’est peut-être la dernière fenêtre pour inverser une dynamique qui lui est franchement défavorable. Pour Aulas, il s’agit surtout de ne pas se faire piéger sur des questions de fond où son manque d’expérience politique peut apparaître. Retournement de situation possible ? Difficile de l’imaginer avec 15 points d’écart à un mois du vote.

Le sondage Elabe-Berger Levrault a été réalisé pour BFM TV, BFM Lyon et Le Figaro. La publication intervient le jour même du premier grand débat, ce mardi 24 février 2026.