Mille salariés. Sept studios. Et un dépôt de bilan ce mercredi matin. Nacon, l’un des plus gros éditeurs français de jeux vidéo, vient de demander son placement en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce.
Bigben coule, Nacon trinque
Le problème ne vient pas directement de Nacon. C’est sa maison mère, Bigben Interactive, qui a mis le feu aux poudres. Le groupe nordiste, connu à l’origine pour ses accessoires de jeux vidéo (manettes, casques, volants), s’est retrouvé dans l’incapacité de rembourser ses emprunts bancaires. Résultat : les banques ont lâché le navire. Bigben a dû suspendre le cours de son action le 20 février, rapporte Gamekult, et vient de demander l’ouverture d’une procédure amiable de conciliation avec ses créanciers.
Sauf que Nacon, détenue majoritairement par Bigben, se retrouve piégée par ricochet. Dans son communiqué officiel publié ce 25 février, l’éditeur reconnaît que « la société fait état d’actifs disponibles ne lui permettant pas de faire face à son passif exigible ». En clair : plus d’argent pour payer les factures.
Un millier d’emplois en suspens
Nacon, c’est pas un petit studio indé. Fondée en 2019 par Bigben pour regrouper ses activités jeux vidéo, la boîte emploie environ mille personnes réparties dans sept studios français : Cyanide, Spiders, Big Bad Wolf, Kylotonn, Eko Software, Ishtar Games et Midgar Studio. On leur doit des titres comme GreedFall, Hell is Us, le récent Styx: Blades of Greed, RoboCop: Rogue City ou encore la série Tour de France.
La procédure de redressement judiciaire peut durer jusqu’à 18 mois, selon Ouest-France. Pendant ce temps, un administrateur judiciaire va évaluer les options : restructuration de la dette, recherche de repreneur, ou dans le pire des cas, liquidation. Le cours de l’action Nacon reste suspendu depuis le 20 février.
Le Nacon Connect maintenu malgré tout
Détail un peu surréaliste : la veille de l’annonce, Nacon confirmait encore la tenue de sa conférence annuelle, le Nacon Connect, prévue le 4 mars. Comme si de rien n’était. L’événement devrait présenter les prochains jeux de l’éditeur, selon Gamekult.
Ça pose quand même une sacrée question. Si les studios tournent, si les jeux sortent (Styx: Blades of Greed est sorti plus tôt ce mois-ci), comment en arrive-t-on là ? La réponse tient en un mot : la dette. Bigben s’est endetté massivement pour financer la croissance de Nacon, racheter des studios, développer des jeux de plus en plus ambitieux. Quand les ventes ne suivent pas et que les banques ferment le robinet, toute la structure s’effondre.
Pour les mille salariés concernés, l’attente commence.