Plus d’un milliard de personnes fêtent aujourd’hui le passage à l’année du Cheval de Feu. En France aussi, les célébrations battent leur plein.
Ce mardi 17 février, le calendrier lunaire bascule. Exit le Serpent de Bois, place au Cheval de Feu. Le Nouvel An chinois, célébré depuis des millénaires, rassemble chaque année une bonne partie de l’Asie dans un même élan festif. Et la France n’est pas en reste.
La plus grande migration humaine du monde
En Chine, c’est le branle-bas de combat. Des centaines de millions de personnes reprennent le chemin de leur ville natale pour retrouver leur famille. Les gares débordent, les trains affichent complet, les restaurants ferment pour permettre aux patrons de rentrer au village. On parle souvent de « plus grande migration humaine annuelle ». Le chiffre donne le vertige : environ 9 milliards de déplacements sur les quinze jours de festivités, selon les autorités chinoises.
La fête ne se limite pas à la Chine. L’Indonésie, la Thaïlande, la Malaisie, la Corée du Sud, Singapour : partout où la diaspora chinoise est implantée, on sort les dragons, les lanternes rouges et les pétards.
Raviolis au nord, gâteau gluant au sud
Chaque région a ses plats fétiches. Au nord de la Chine, les familles se retrouvent autour des jiaozi, ces raviolis préparés à la main que tout le monde plie ensemble la veille au soir. Au sud, c’est le nian gao qui trône sur la table, un gâteau de riz glutineux dont le nom signifie littéralement « année haute », promesse de prospérité. Du poisson, obligatoire (son nom, « yu », sonne comme « abondance » en mandarin), des nouilles longues pour une vie longue, du jarret de porc aux huîtres sèches.
Le repas du réveillon, c’est le moment clé. Toute la famille réunie, parfois sur plusieurs générations, parfois après des heures de train.
Paris en rouge et or
En France, les célébrations sont concentrées à Paris. Le 13e arrondissement, cœur historique de la communauté asiatique, accueille son traditionnel défilé ce week-end. Des milliers de spectateurs sont attendus avenue d’Ivry et avenue de Choisy pour voir passer les dragons, les lions dansants et les chars décorés. Le 3e arrondissement, autour de la rue du Temple, organise aussi ses festivités.
Mais la fête s’étend bien au-delà de la capitale. Lyon, Bordeaux, Marseille, Toulouse : plusieurs grandes villes proposent des défilés, ateliers de calligraphie, dégustations et spectacles de danse traditionnelle tout au long de la semaine.
Cheval de Feu : un signe qui ne fait pas l’unanimité
Le Cheval de Feu revient tous les soixante ans dans le cycle astrologique chinois. C’est un signe associé à l’énergie, la passion, l’impulsivité. Au Japon, une superstition tenace veut que les femmes nées sous ce signe portent malheur à leur mari. En 1966, dernière année du Cheval de Feu, le taux de natalité japonais avait chuté de 25%. Les démographes surveillent : est-ce que 2026 produira le même effet ?
En Chine, l’interprétation est plus positive. Le Cheval de Feu, c’est le mouvement, l’ambition, le courage. De quoi alimenter les conversations du réveillon.