Chaque année, les tarifs des péages augmentent et pèsent de plus en plus sur le budget des automobilistes. En 2025, les hausses oscillent entre 1,8 % et 2,2 % selon les concessionnaires. Quels sont les trajets qui coûtent le plus cher ? Quelles alternatives existent ? Le point complet.

Les trajets les plus onéreux

Le trajet Paris-Marseille par l’A6 puis l’A7 reste l’un des plus coûteux de France. Pour un véhicule de classe 1, il faut compter environ 75 euros pour 775 kilomètres de route. Paris-Nice, via l’A6 et l’A8, dépasse les 80 euros pour 930 kilomètres. L’axe Paris-Bordeaux par l’A10 coûte autour de 62 euros sur 580 kilomètres.

Sur des distances plus courtes, certains tronçons affichent des tarifs au kilomètre élevés. Le tunnel du Fréjus (aller simple) coûte plus de 50 euros pour un véhicule léger. Le tunnel sous le Mont-Blanc affiche un tarif similaire. L’A14, qui relie Paris à la Normandie, est aussi connue pour son coût élevé rapporté à sa courte distance.

Pourquoi les prix augmentent chaque année

Les hausses annuelles sont encadrées par des contrats de concession signés entre l’État et les sociétés d’autoroutes (Vinci, Eiffage, Abertis). Ces contrats prévoient des formules d’indexation liées à l’inflation et aux investissements réalisés par les concessionnaires. Les travaux d’élargissement, de sécurisation ou de modernisation des gares de péage justifient en partie ces augmentations.

La Cour des comptes a toutefois pointé à plusieurs reprises la rentabilité exceptionnelle des sociétés d’autoroutes, alimentant le débat sur la renationalisation des concessions.

Les disparités régionales

Tous les réseaux ne pratiquent pas les mêmes tarifs. Le réseau APRR (est de la France) et ASF (sud) sont parmi les plus chers au kilomètre. À l’inverse, certaines portions d’autoroutes restent gratuites : une grande partie du réseau breton, les autoroutes urbaines autour de grandes métropoles ou encore l’A75 qui traverse le Massif central.

Les alternatives pour réduire la facture

Plusieurs solutions existent pour alléger le coût des trajets. Le covoiturage, via des plateformes comme BlaBlaCar, permet de diviser la facture par deux, trois ou quatre. Les abonnements télépéage (Ulys, Bip&Go) offrent des réductions de 1 % à 30 % selon les formules et les fréquences d’utilisation.

Les itinéraires bis, empruntant les routes nationales et départementales, permettent d’éviter les péages mais allongent le temps de trajet. Des applications comme Waze ou ViaMichelin proposent des options « sans péage » pour calculer ces parcours alternatifs.

Le débat sur la gratuité

Les concessions autoroutières actuelles arrivent à échéance entre 2031 et 2036. Le gouvernement devra alors décider de renouveler les concessions, de nationaliser les autoroutes ou d’instaurer un nouveau modèle de tarification. Certains élus plaident pour une baisse significative des tarifs, voire la gratuité pour les trajets domicile-travail. Le sujet promet d’animer le débat politique dans les années à venir.