Trente-sept ans. C’est le temps que Phil Spencer a passé chez Microsoft depuis qu’il y est entré comme stagiaire en 1988. Vendredi 20 février, l’entreprise a officialisé son départ de la tête de Microsoft Gaming, tout comme celui de la présidente d’Xbox, Sarah Bond. La BBC a rapporté les réactions de la communauté, pendant que BFMTV confirmait la nouvelle côté français. Les fans, eux, n’ont pas mis longtemps à s’exprimer.
Quatre décennies chez Microsoft, le rideau tombe
Spencer avait gravi les échelons un par un. Il était devenu PDG de Microsoft Gaming en 2022. C’est lui qui avait lancé le Xbox Game Pass en 2017, l’abonnement jeu vidéo qui a transformé les habitudes de millions de joueurs sur PC et console. Freelance pour IGN et Eurogamer, la journaliste Vikki Blake confie à la BBC que ce départ n’était « pas complètement choquant » vu les difficultés récentes de la marque. Xbox peine à tenir tête à PlayStation et a progressivement abandonné ses exclusivités consoles (Halo sorti sur PC, entre autres), brouillant son identité.
Matt Booty, vice-président des Xbox Game Studios, hérite du poste de directeur du contenu. Il a voulu rassurer les troupes : « Aucune réorganisation des studios n’est en cours. »
Une experte en IA sans joystick dans le CV
La successeure de Spencer, c’est Asha Sharma. Elle supervisait des projets d’intelligence artificielle chez Microsoft et avait aussi travaillé chez Meta. Pas le profil type de la patronne d’un empire du jeu vidéo. Du coup, la communauté Xbox a très mal pris la nomination.
Sur le réseau X, les joueurs ont moqué le Gamertag qu’elle a publié pour « prouver » son côté gamer : 29 jeux joués, tous dans le mois précédant sa prise de poste. L’opération de communication est passée assez mal, c’est le moins qu’on puisse dire. Certains parlent carrément de « la fin de Xbox ».
Jez Corden, de Windows Central, essaie de replacer les choses dans leur contexte. « Le secteur du jeu vidéo peine à trouver son équilibre face à Instagram et TikTok. Asha a l’expertise pour combler ce manque », a-t-il expliqué à la BBC. Victoria Phillips Kennedy, journaliste pour Eurogamer, se demande quant à elle si ce profil annonce « une adoption plus agressive de l’IA dans le pipeline de développement » des jeux Xbox.
« On ne va pas inonder l’écosystème de contenu sans âme »
Sharma a tenu à répondre aux inquiétudes. « Les jeux sont et resteront de l’art, créés par des humains », a-t-elle déclaré via un communiqué publié sur le blog de Microsoft, assurant ne pas vouloir « inonder l’écosystème de déchets IA sans âme ». Reste que les doutes persistent sur les réseaux, et les commentaires restent peu amènes.
Xbox traverse une période difficile. Ventes en retrait, identité floue, concurrence rude côté PlayStation. Spencer laisse une marque en plein repositionnement, dont l’avenir dépend peut-être moins du gaming que de l’IA.
La vraie question : Asha Sharma parviendra-t-elle là où le joueur de la première heure n’a pas réussi ?