Rachida Dati a lâché le mot ce mercredi soir, sur le plateau de BFM-TV : « J ai remis ma démission ce matin au président de la République. » Après deux ans rue de Valois, la ministre de la Culture tourne la page. Direction les municipales parisiennes.
Un départ négocié au forceps
Le premier ministre Sébastien Lecornu lui demandait de partir depuis plusieurs semaines. Dati a joué la montre. Elle a d abord invoqué la crise au Louvre, où la présidente Laurence des Cars venait de démissionner mardi soir, pour grappiller quelques jours. Elle a rappelé ses « engagements vis-à-vis des agents du ministère » et des syndicats. Et elle a brandi le précédent Édouard Philippe, resté à Matignon tout en menant campagne au Havre en 2020.
Mais la date butoir approchait. Le 22 février marquait le début de la période de réserve électorale. Dati l a laissée filer. Lecornu, rapporte Le Monde, avait prévu le remaniement pour cette semaine, en s appuyant sur les motions de censure du RN et de LFI comme prétexte pour repousser de quelques jours.
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« Le combat de ma vie, c est Paris »
Sur BFM-TV, Dati n a pas caché ses priorités. « J ai été très heureuse d être au ministère de la Culture, mais le combat de ma vie, c est Paris », a-t-elle déclaré. L Élysée, dans un communiqué, l a remerciée pour « l action utile qu elle a déployée au service des Français ces deux dernières années » et lui a « adressé tous ses encouragements ». Formule diplomatique classique.
Sa dernière mission avant de partir : installer Christophe Leribault à la tête du Louvre, en remplacement de Laurence des Cars. France Info confirme que Dati a présenté 17 mesures de réorganisation du musée avant de quitter ses fonctions.
Un remaniement qui s accélère
Le départ de Dati s inscrit dans un mouvement plus large. L Élysée avait déjà annoncé dimanche la nomination de David Amiel au ministère de l Action et des Comptes publics, en remplacement d Amélie de Montchalin, partie présider la Cour des comptes lundi.
Le premier tour des municipales est fixé au 15 mars. Trois semaines. À Paris, la course s annonce serrée, et Dati sait qu elle ne peut pas mener campagne avec un pied au gouvernement. Reste à savoir qui récupérera le portefeuille de la Culture. Pour l instant, Matignon n a rien annoncé.