Trois à quatre cents agents de sûreté de la SNCF et de la RATP vont être équipés de pistolets à impulsion électrique dans les semaines qui viennent. Le ministre des Transports Philippe Tabarot l’a confirmé jeudi 19 février sur TF1, au lendemain de la publication d’un décret au Journal officiel.
C’est une première en France pour les agents des transports en commun. Jusqu’ici, les équipes de la Sûreté ferroviaire disposaient d’armes à feu, de bâtons de défense et d’aérosols lacrymogènes. Rien entre la matraque et le pistolet. Le taser vient combler ce trou.
Un « moyen de force intermédiaire » réclamé depuis des années
« C’était une vraie demande portée par les syndicats et les agents », explique Nicolas Calonne, spécialiste sûreté à l’Unsa Ferroviaire, interrogé par France Inter. L’objectif ? Pouvoir « intervenir sur des personnes armées de couteaux sans utiliser notre arme à feu ». Dans une gare bondée ou un wagon, tirer avec un pistolet classique fait courir un risque aux voyageurs autour. Le taser permet, selon le syndicaliste, « d’éviter des dommages collatéraux ».
L’autorisation ne concerne pour l’instant que 10 % des effectifs de la police ferroviaire. Philippe Tabarot parle de « 300 à 400 » agents dans un premier temps.
Trois ans pour faire ses preuves
Le décret paru au Journal officiel encadre l’opération sur une durée de trois ans. L’arme est classée « non létale ». Le texte précise que cette expérimentation vise à « accroître la maîtrise des situations à risques » et à « réduire le recours aux armes à feu ».
Côté chiffres, le gouvernement avance 104 700 victimes de vols, violences et escroqueries dans les transports en commun en 2025, selon franceinfo. Un niveau au plus bas depuis dix ans. Mais l’entourage du ministre juge ce chiffre encore trop élevé.
Faut-il s’en inquiéter ?
Si les résultats de l’expérimentation s’avèrent concluants, la mesure pourrait être étendue à l’ensemble des agents habilités. « Ça permet de réagir un peu différemment dans un milieu confiné ou quand on a plein de clients à côté », défend Nicolas Calonne. Reste à voir comment cette arme sera utilisée au quotidien dans des espaces souvent saturés de monde. Et surtout, si elle changera vraiment la donne pour les voyageurs comme pour les agents.