Christian Clavier reprend monsieur Tirocu, douze ans après avoir laissé le rôle à Didier Bourdon. En face, Kev Adams n’est plus Boulard. Le tournage du troisième épisode démarre le 18 mai pour une sortie programmée le 10 février 2027.
L’annonce a circulé mercredi 6 mai sur les sites spécialisés cinéma, AlloCiné en tête, suivi de SortirAParis. Le distributeur UGC confirme la date sur sa fiche officielle. Pierre-François Martin-Laval, déjà aux manettes des deux premiers volets, reprend la réalisation et le scénario, cette fois avec Mathias Gavarry à ses côtés. La saga, adaptée de la bande dessinée de Pica et Erroc publiée chez Bamboo Édition, signe son retour onze ans après Les Profs 2.
Christian Clavier rentre, Kev Adams sort
Le mouvement le plus commenté concerne Boulard, le cancre éternel de la classe. Kev Adams, qui incarnait le personnage depuis 2013, n’apparaît pas au générique. Aucune raison officielle n’a filtré, ni du producteur Romain Rojtman, ni de l’humoriste lui-même. Un jeune comédien, Tom Boudet, le remplace au pied levé. Les téléspectateurs l’ont aperçu dans la série HPI sur TF1, mais le grand écran reste pour lui un terrain neuf.
Christian Clavier, lui, fait le chemin inverse. L’acteur incarnait Tirocu, le professeur de mathématiques tatillon, dans le premier opus de 2013. Il avait passé la main à Didier Bourdon pour Les Profs 2 en 2015, raisons d’agenda à l’époque. Son retour à treize ans d’écart referme une parenthèse pour les fans, qui réclamaient le quatuor d’origine sur les forums depuis l’annonce du projet.
Voyage scolaire en Belgique, atterrissage en 1815
Le pitch joue la carte du décalage temporel. Les profs et leur classe partent en sortie scolaire chez nos voisins belges. Un incident, dont la nature reste à découvrir, les projette en pleine bataille napoléonienne, à une époque où l’école publique n’existe pas encore. Laurent Stocker, sociétaire de la Comédie-Française, campe Napoléon Bonaparte. La rencontre entre les enseignants désarmés et les troupes impériales s’annonce, selon les notes de production, « explosive ».
Le procédé du saut dans le passé reprend une recette qui a déjà fait recette en France. La saga Les Visiteurs, justement avec Christian Clavier, avait posé les codes du genre il y a trois décennies. Le pari narratif est risqué : trop de gags chronologiques tuent le rythme, comme l’a montré le maladroit Les Visiteurs en Amérique.
Un casting de fidèles autour du retour Clavier
Les habituels répondent présents. Isabelle Nanty rechausse les talons de Gladys, la prof d’anglais à fleur de peau. Pierre-François Martin-Laval, déjà réalisateur, joue aussi Polochon, le prof d’histoire idéaliste. Arnaud Ducret revient en Eric, le coach sportif testostéroné. Stéfi Celma reprend Amina, professeure de français, et Fred Tousch retrouve Albert, le chimiste maladroit. Jean-Luc Couchard rejoint la salle des profs en philosophe excentrique baptisé Maurice.
Cette stabilité du noyau enseignant tranche avec le départ de Kev Adams. La saga avait construit son équilibre sur la dynamique adultes contre Boulard, le clown de la classe. Sans lui, Tom Boudet doit reprendre une silhouette comique très identifiée, sans paraître singer son prédécesseur. C’est l’autre gros pari du film.
Sept millions et demi de spectateurs cumulés
Le précédent volet date de juillet 2015, et les producteurs n’ont pas attendu plus d’une décennie pour rien. Selon les chiffres compilés par AlloCiné et la base CBO Box-Office, Les Profs avait totalisé 3,9 millions d’entrées en salles, dont plus d’un million dès la première semaine d’exploitation en avril 2013. Le film s’était hissé en tête du box-office hexagonal et avait été désigné par AlloCiné comme la production française la plus rentable de l’année. Les Profs 2 avait suivi avec 3,5 millions de spectateurs, soit un cumul de 7,5 millions.
Pour situer ces chiffres, le seuil du million d’entrées est considéré par le Centre national du cinéma comme la barre symbolique d’un succès grand public. Atteindre quatre millions place une comédie dans le top 10 français de l’année. Sur la dernière décennie, seules quelques franchises hexagonales ont passé ce cap deux fois, dont Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? et Les Tuche. La marque Les Profs y figure, ce qui justifie aux yeux d’UGC le coût d’un troisième tour.
UGC distribue, Disney+ regarde
La production reste dans le giron de Romain Rojtman, qui a fondé Les Films du Premier et Les Films du 24, deux structures qui ont porté les deux premiers films. La coproduction associe TF1 Films Production et le belge Umedia Production. Côté diffusion, Disney+, TF1 et TMC participent au financement, ce qui flèche déjà les fenêtres télévision et streaming après l’exploitation cinéma. UGC garde la distribution salle, comme depuis le premier opus.
Cette répartition a son intérêt. Disney+ vise un catalogue plus axé public familial français depuis 2024, et la franchise Les Profs coche plusieurs cases : reconnaissance immédiate, casting populaire, humour tout public. Le calendrier de sortie en salles, programmé pendant les vacances scolaires de février, vise sans surprise les familles avec adolescents, cœur de cible historique de la saga.
Bamboo Édition, l’origine BD
On l’oublie souvent, mais Les Profs n’est pas né au cinéma. La bande dessinée de Pica et Erroc, publiée chez Bamboo Édition depuis 2000, totalise plus d’une vingtaine d’albums. Selon les bilans annuels de l’éditeur, la série figure régulièrement parmi les BD humoristiques les plus vendues en France, derrière le mastodonte Les Tuniques bleues. Le passage au grand écran en 2013 avait dopé les ventes des albums de l’époque, un effet que le troisième film pourrait reproduire.
Bamboo Édition n’a pas communiqué sur un éventuel album lié, mais la maison a déjà sorti des hors-séries cinéma à chaque sortie de film. La sortie d’un nouvel album coordonné avec celle du long-métrage paraît probable, sans confirmation à ce stade.
Direction le 10 février 2027
Le tournage prévu sur plusieurs semaines à partir du 18 mai mobilise des décors en Belgique pour les scènes contemporaines, et probablement des reconstitutions napoléoniennes pour les séquences historiques. La date de sortie du 10 février 2027 cible les vacances scolaires de la zone B, l’une des plus stratégiques du calendrier français. Avant cela, l’équipe traverse une étape redoutée : prouver que la formule fonctionne sans Kev Adams. La réponse viendra dans les premières semaines de février 2027, sur les compteurs CNC.