Sept vaccins rayés de la liste. C’est la décision qui met le feu aux poudres outre-Atlantique : l’administration Trump vient de retirer sept vaccins du calendrier fédéral recommandé pour tous les enfants américains. Quinze États démocrates ont déposé plainte ce mardi 24 février.

Kennedy aux manettes, les vaccins qui sautent

Derrière cette réforme, un nom : Robert F. Kennedy Jr., le ministre de la Santé nommé par Donald Trump. Connu pour ses positions vaccinosceptiques de longue date, il a fait modifier les recommandations du calendrier vaccinal fédéral. Concrètement, sept vaccins auparavant recommandés à tous les enfants ne le sont plus que pour ceux considérés comme « à risque » : grippe, hépatite A, hépatite B, Covid-19, méningocoques (responsables de méningites), VRS (virus respiratoire syncytial) et rotavirus, à l’origine de gastro-entérites parfois graves chez les nourrissons, rapporte l’AFP. En clair, un enfant américain en bonne santé n’aura plus droit à ces vaccins sauf si son médecin le juge vulnérable. Un virage à 180 degrés par rapport aux recommandations qui tenaient depuis des décennies.

La Californie et l’Arizona en tête de la fronde

La riposte est venue des procureurs généraux. Rob Bonta, procureur de Californie, et Kris Mayes, procureure d’Arizona, mènent la coalition des quinze États qui attaquent l’administration fédérale devant les tribunaux. Selon Ouest-France, Bonta a dénoncé une politique qui « bafoue des décennies de recherche scientifique, ignore des experts médicaux crédibles et risque de rendre les enfants américains plus malades ». L’argument juridique tient en quelques mots : les modifications du calendrier vaccinal n’ont suivi aucune procédure scientifique conforme. Pas de consultation des comités d’experts indépendants habituels, pas de revue par les pairs. Les quinze États estiment que la décision relève davantage de l’idéologie que de la médecine.

Pourquoi ça dépasse les frontières américaines

Le sujet ne concerne pas que les États-Unis. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a rappelé à plusieurs reprises que la vaccination infantile reste l’un des outils les plus efficaces de la santé publique mondiale. La rougeole, par exemple, a tué 136 000 personnes dans le monde en 2022, principalement des enfants non vaccinés, selon les chiffres de l’OMS. Et quand la première puissance mondiale recule sur la vaccination, l’effet domino inquiète. Les mouvements antivax en Europe, déjà bien implantés depuis la crise Covid, pourraient y trouver un argument de poids. La France, qui a élargi l’obligation vaccinale à onze vaccins en 2018, observe la situation de près.

Un bras de fer qui ne fait que commencer

Ce n’est pas la première fois que des États s’opposent à Washington sous la présidence Trump. La Cour suprême a retoqué une bonne partie de ses droits de douane la semaine dernière. Mais toucher aux vaccins des enfants, c’est un terrain miné. Les pédiatres américains ont massivement condamné la mesure, et les sondages montrent qu’une majorité d’Américains restent favorables à la vaccination infantile. Reste à savoir si les tribunaux donneront raison aux États plaignants. La procédure pourrait prendre des mois. D’ici là, les familles américaines devront naviguer entre des recommandations fédérales allégées et des médecins qui, pour beaucoup, continuent de vacciner comme avant.