Le 19 novembre, les bureaux de Burger Motorsports resteront fermés. Pas de panne, pas de pont. Plusieurs employés de cette société automobile américaine avaient prévenu qu’ils passeraient la journée « à Vice City », la ville fictive de GTA 6. Plutôt que de les regarder bâcler leur travail, la direction a préféré offrir la journée à tout le monde.
Le geste a fait sourire les réseaux, mais il dit quelque chose de plus large. Un jeu vidéo s’apprête à figer une partie de la planète pendant vingt-quatre heures, et les entreprises commencent à l’anticiper. Après des années de rumeurs, Rockstar Games a enfin gravé la date dans le marbre.
Treize ans d’attente, une date enfin posée
Grand Theft Auto VI sortira le 19 novembre 2026 sur PlayStation 5 et Xbox Series X et S, partout dans le monde en même temps, France comprise. L’éditeur l’a confirmé sur son site officiel, le Rockstar Newswire. Pour mesurer l’attente, il faut remonter à septembre 2013 et à la sortie de GTA 5. Treize ans séparent les deux épisodes, une éternité dans une industrie où les suites s’enchaînent souvent tous les deux ou trois ans.
L’appétit, lui, n’a jamais faibli. Quand Rockstar a diffusé sa première bande-annonce fin 2023, la vidéo a dépassé 90 millions de vues en une seule journée sur YouTube, un record pour un contenu non musical. Le studio a depuis distillé ses images au compte-gouttes, entretenant une fièvre que peu d’œuvres, films ou séries confondus, parviennent à provoquer.
Précommandes le 25 juin, prix encore flou
Le prochain rendez-vous est tout proche. Les précommandes ouvrent le 25 juin sur le PlayStation Store, le Xbox Store et chez les revendeurs physiques. En France, la Fnac, Micromania, Amazon.fr et Leclerc Multimédia sont déjà sur les rangs. Rockstar a confirmé la date dans la foulée de la révélation de la jaquette officielle, le 18 juin.
Reste la question qui fâche : combien ? Le studio n’a pas encore tranché. Les estimations des sites spécialisés tournent autour de 79,99 à 89,99 euros pour l’édition standard, avec une version plus complète qui pourrait grimper jusqu’à 99,99 euros. Le tarif définitif, lui, tombera le 25 juin, au moment précis où les compteurs s’ouvriront. De quoi transformer une simple précommande en course contre la montre pour les joueurs les plus pressés.
Le jeu le plus cher jamais produit
Derrière l’événement se cache une facture vertigineuse. Selon une analyse de Business Insider relayée par la presse spécialisée, Take-Two, la maison mère de Rockstar, aurait déjà englouti entre un et un milliard et demi de dollars dans le développement. Certaines estimations poussent l’addition jusqu’à deux milliards. Aucun chiffre officiel ne vient confirmer ces montants, mais même la fourchette basse ferait de GTA 6 le jeu vidéo le plus coûteux de l’histoire, loin devant les plus gros blockbusters du cinéma.
Le pari paraît moins fou quand on regarde le bilan du précédent. Sur sa durée de vie, GTA 5 aurait rapporté près de 9 milliards de dollars à Take-Two selon plusieurs estimations, davantage que n’importe quel film jamais sorti en salles. C’est cette montagne d’argent qui a offert à Rockstar le luxe de prendre son temps, sans jamais céder à la précipitation ni rogner sur l’ambition.
Ce trésor de guerre repose sur des ventes hors normes. GTA 5 s’est écoulé à plus de 210 millions d’exemplaires, un total porté à 225 millions selon les derniers résultats financiers de Take-Two. Un seul jeu fait mieux dans toute l’histoire : Minecraft. Le secret de cette longévité tient en deux mots, GTA Online. Le mode multijoueur, alimenté par l’achat de monnaie virtuelle, a transformé un jeu vendu une fois en source de revenus permanente. La saga entière dépasse désormais les 465 millions de copies.
Pourquoi des entreprises baissent le rideau
L’argent n’explique pas tout. Ce qui frappe, c’est la dimension sociale d’une sortie de jeu vidéo. Burger Motorsports n’est pas un cas isolé : plusieurs sociétés ont annoncé qu’elles donneraient leur journée du 19 novembre à leurs salariés, parlant d’un « événement culturel sans précédent ». L’idée a de quoi déconcerter un parent qui n’a jamais touché une manette, mais elle traduit une réalité : pour toute une génération, GTA n’est pas un jeu parmi d’autres, c’est un rituel.
En France, difficile d’imaginer un employeur fermer ses portes pour une console. Le 19 novembre tombe pourtant un jeudi, en plein milieu de semaine, et les forums se remplissent déjà de joueurs qui calculent comment poser un jour de congé sans éveiller les soupçons. Les analystes, eux, anticipent un démarrage record, peut-être le plus gros de l’histoire du divertissement, devant les plus grosses ouvertures du cinéma. Rockstar n’a jamais eu besoin de campagne publicitaire massive : ses jeux se vendent par le bouche-à-oreille et l’attente collective.
Les joueurs PC devront patienter
Une ombre demeure au tableau. Rockstar n’a annoncé aucune version PC. L’histoire du studio invite à la prudence : GTA 5 n’était arrivé sur ordinateur qu’un an et demi après les consoles, en 2015. Si le même calendrier se répète, les joueurs PC pourraient devoir attendre fin 2027, voire 2028, pour explorer la nouvelle carte à la souris et au clavier.
Cette carte, justement, ramène à Vice City, une relecture moderne de la Miami fantasmée des années 1980, située dans l’État fictif de Leonida. Aux commandes, Rockstar a choisi un duo, dont Lucia, première héroïne jouable de la série, embarquée dans une cavale qui rappelle les grands couples de hors-la-loi du cinéma.
Pour l’heure, deux dates rythment le compte à rebours. Le 25 juin, les précommandes s’ouvriront et le prix sera enfin connu. Le 19 novembre, des millions de personnes, et quelques entreprises au complet, basculeront dans Vice City. Reste à voir combien de patrons suivront l’exemple de Burger Motorsports.