1 612. C’est le nombre de matchs de saison régulière que LeBron James a disputés en NBA. Samedi soir à Orlando, le joueur des Los Angeles Lakers a effacé Robert Parish des tablettes, une légende des Boston Celtics qui détenait ce record depuis 1997 avec 1 611 rencontres. À 41 ans, James ne se contente pas de durer : il domine encore.

Victoire sur le fil et record en prime

Le 1 612e match de LeBron James ne restera pas comme le plus spectaculaire de sa carrière. Contre le Magic d’Orlando, les Lakers se sont imposés 105 à 104, au forceps. James a compilé 12 points, 6 rebonds et 4 passes décisives en 34 minutes, loin de ses standards habituels. Mais personne dans la salle ne regardait les statistiques individuelles. C’est la simple présence du numéro 23 sur le parquet qui faisait l’événement.

Deux jours plus tôt, face au Heat de Miami, il avait égalé le record de Parish tout en signant un triple-double : 19 points, 15 rebonds, 10 passes décisives. Son 124e en carrière, selon les données d’ESPN. « Aucun autre joueur ne mérite plus de battre ce record de dur à cuire », a salué Parish sur Sirius NBA Radio, rapporte l’AFP.

23 saisons sans jamais vraiment fléchir

LeBron James a été drafté en 2003, premier choix de la promotion, par les Cleveland Cavaliers. Il avait 18 ans. Vingt-trois saisons plus tard, il tourne encore à 21,1 points, 5,8 rebonds et 6,8 passes décisives de moyenne cette année, d’après Basketball Reference. Ce ne sont plus les chiffres d’un joueur de 25 ans en pleine explosion, mais ce sont ceux d’un titulaire solide dans n’importe quelle équipe de la ligue.

Sur l’ensemble de sa carrière, les moyennes grimpent à 26,8 points, 7,5 rebonds et 7,4 passes décisives par match. Ce sont les chiffres d’un joueur qui n’a presque jamais connu de vraie baisse de régime en deux décennies. Son corps encaisse les impacts d’un sport où les contacts sont permanents, les déplacements latéraux dévastateurs pour les genoux, et où la carrière moyenne dure 4,5 ans. James en est à sa 23e saison. Cinq fois cette durée. Pour mettre le chiffre en perspective : quand James a débuté en NBA en octobre 2003, le président français s’appelait Jacques Chirac, l’iPhone n’existait pas, et YouTube ne serait lancé que deux ans plus tard.

Le mois de mars d’un quadragénaire hors norme

Les records de longévité masquent souvent un déclin. Pas chez James. En mars 2026, il affiche 20,4 points de moyenne avec un pourcentage au tir de 63,1 %, selon ESPN. Les Lakers, portés par le duo James-Doncic (le Slovène Luka Doncic a rejoint l’effectif cette saison), enchaînent huit victoires consécutives et occupent la troisième place de la conférence Ouest avec un bilan de 45 victoires pour 25 défaites.

Le record de matchs disputés s’ajoute à une liste devenue presque absurde. James détient le record absolu de points inscrits en NBA depuis février 2023, quand il a dépassé Kareem Abdul-Jabbar et ses 38 387 points. Début mars 2026, il a aussi pris la tête du classement du nombre total de paniers réussis, rapporte RMC Sport. Meilleur marqueur de l’histoire, joueur le plus présent de l’histoire. Il ne manque que le record de passes décisives, détenu par John Stockton (15 806), qu’il n’atteindra probablement jamais.

Père et fils sur le même parquet

L’autre image de cette fin de carrière, c’est Bronny James. Le fils aîné de LeBron, 21 ans, porte lui aussi le maillot des Lakers. Quand père et fils entrent ensemble sur le terrain, la NBA offre un spectacle inédit dans l’histoire des quatre grandes ligues sportives américaines. Aucun père n’avait joué au plus haut niveau en même temps que son fils dans un sport collectif majeur à ce stade de compétitivité. LeBron avait fait de cette cohabitation un objectif personnel annoncé publiquement il y a plusieurs années, quand Bronny n’était encore qu’un lycéen.

LeBron James a gagné plus de 531 millions de dollars en salaires au cours de sa carrière, selon Basketball Reference, sans compter les contrats publicitaires. Quatre titres de champion NBA, deux médailles d’or olympiques, quatre titres de MVP de la saison régulière. Né à Akron, dans l’Ohio, élevé par une mère seule, il est entré en NBA sans passer par l’université. Vingt-trois ans plus tard, il refuse de confirmer s’il jouera la saison prochaine.

Le crépuscule qui n’en finit pas

« Je ne me suis pas posé en me demandant quels records je voulais battre. C’est juste arrivé, ça ne faisait pas partie de mes objectifs », a-t-il déclaré après avoir égalé Parish à Miami, selon l’AFP. « Je voulais être le meilleur joueur de l’histoire, gagner le championnat, être élu rookie de l’année, être sélectionné au All-Star Game, décrocher une médaille d’or olympique, être MVP. Voilà quels étaient mes objectifs. »

La question de la retraite plane depuis trois saisons. James a pleuré en janvier lors de ce qui pourrait être son dernier passage à Cleveland, la ville où tout a commencé. RMC Sport rappelle qu’il avait été « sauvé par les entraîneurs » pour participer à son 22e All-Star Game en février. Il entretient le flou, match après match. Mais tant que les Lakers gagnent et que son corps tient, personne à Los Angeles ne lui posera la question trop fort.

La saison régulière NBA se termine le 13 avril. Si James dispute les 12 matchs restants au calendrier des Lakers, il portera son record à 1 624 rencontres. En cas de parcours en playoffs, il pourrait encore ajouter plusieurs semaines à une carrière que la NBA n’avait tout simplement pas prévue aussi longue.