Il fallait attendre dimanche 19 avril pour que la messe soit dite. Le Bayern Munich a battu Stuttgart 4-2 à l’Allianz Arena, et décroche son 35e titre de champion d’Allemagne à quatre journées de la fin du championnat. Soixante-quinze mille supporters étaient debout dans les tribunes. Et un nom revient déjà dans les vestiaires : Paris Saint-Germain, adversaire du Bayern dans neuf jours en demi-finale de Ligue des champions.

Führich ouvre, le Bayern répond quatre fois

Chris Führich, l’ailier de Stuttgart, a frappé à la 21e minute. Son ouverture a enclenché une machine difficile à arrêter. En six minutes, Raphaël Guerreiro, Nicolas Jackson puis Alphonso Davies ont chacun trouvé la faille. Mi-temps : 3-1. Harry Kane, laissé sur le banc par précaution avant la Ligue des champions, est rentré à la pause à la place de Jamal Musiala. Il a signé son 32e but de championnat dans la foulée. Stuttgart a sauvé l’honneur par Chema Andres, trop tard, rapporte Goal.com. Vingt-cinquième victoire de la saison pour les Bavarois sur trente journées.

105 buts marqués, un record qui tenait depuis 1972

La statistique qui frappe n’est pas le score. C’est le compteur saisonnier. Le Bayern en est désormais à 105 buts marqués en championnat selon le site officiel de la Bundesliga, avec quatre matchs encore à disputer. Le précédent record datait de 1971-1972, quand les hommes d’Udo Lattek avaient empilé 101 réalisations. Cinquante-quatre ans sans bouger, et une seule saison sous Vincent Kompany pour l’envoyer à la casse. Le Belge a reconnu sur le site du club que battre des records au Bayern est « presque impossible », avant de saluer le travail collectif. Dix-huit joueurs différents ont marqué cette saison, le plus gros chiffre de la Bundesliga.

Kompany, deux saisons, deux étoiles

Arrivé sur le banc en juillet 2024 après un passage compliqué à Burnley, terminé par une relégation en Championship, Vincent Kompany ne devait pas durer longtemps. Sa première saison a balayé les doutes : titre immédiat. La deuxième vient de consacrer son style : attaque haute, pressing coordonné en équipe, rotation assumée. Trois titulaires ont été laissés au repos contre Stuttgart, dont Kane. Ce qui n’a pas empêché son équipe de marquer quatre buts. Sur l’ensemble du championnat, le Bayern totalise 25 victoires sur 30 journées, une moyenne de 3,6 buts marqués par match et 0,9 but encaissé, rapporte Franceinfo. Meilleure attaque, meilleure défense, et de loin.

13 titres en 14 saisons, la Bundesliga verrouillée

La Bundesliga appartient au Bayern depuis plus d’une décennie. Sur les quatorze dernières éditions, l’équipe en a remporté treize. La seule exception reste 2023-2024, quand Xabi Alonso et le Bayer Leverkusen avaient volé le sacre, humiliant une équipe bavaroise en pleine crise sous Thomas Tuchel. Le Bayer avait terminé sa saison invaincu, une première dans l’histoire du championnat allemand. Un an plus tard, le Bayern était de retour. Deux ans plus tard, il pulvérise les records. Ce monopole agace l’Allemagne entière, qui rêve ouvertement d’un rival durable. Personne n’a tenu la distance jusqu’ici.

Kane, trois trophées en deux saisons

Pour Harry Kane, l’arrivée à Munich en 2023 avait été célébrée par un titre perdu. Il avait quitté Tottenham sans trophée majeur après plus d’une décennie en Premier League et 213 buts dans le championnat anglais. Les tabloïds anglais parlaient de malédiction. Deux ans plus tard, le capitaine des Three Lions collectionne : deux Bundesliga consécutives. Total saison : 50 buts toutes compétitions confondues, dont 32 en championnat. Michael Olise, recruté à Crystal Palace deux étés plus tôt pour une soixantaine de millions d’euros, vit sa meilleure saison en club. Les deux attaquants représentent à eux seuls près de la moitié des réalisations bavaroises.

Dortmund 1-2 Hoffenheim, l’aveu d’impuissance

Le Borussia Dortmund aurait pu retarder le sacre d’une semaine en gagnant à Hoffenheim le même après-midi. L’équipe de Niko Kovac s’est inclinée 2-1. La deuxième place reste mathématiquement jouable pour le Borussia, mais la vérité du championnat est tombée en même temps que le coup de sifflet à Sinsheim. À quatre journées de la fin, le seul enjeu d’ici mi-mai concerne le podium et les places européennes. Leipzig, Leverkusen et Francfort se tirent la bourre pour les billets de Ligue des champions. Derrière, Stuttgart et le Borussia Mönchengladbach luttent pour éviter le barrage de relégation.

Mardi 28 avril, l’Allianz Arena reçoit le PSG

La célébration s’annonce prudente. Vincent Kompany avait prévenu vendredi en conférence de presse : « L’ampleur de la fête se décide maintenant. » Comprendre : tout dépend du PSG. Le tirage des demi-finales de Ligue des champions a offert au Bayern le champion de France en titre, trois fois finaliste de la Coupe aux grandes oreilles ces dernières années sans jamais la soulever. Match aller à Munich le 28 avril, retour à Paris le 6 mai. C’est ce duel, pas le titre allemand, qui occupe déjà les esprits bavarois. Le Bayern n’a plus remporté la Ligue des champions depuis 2020, l’année du sacre à huis clos à Lisbonne contre le PSG justement.

Un triplé comme en 2013, mais deux marches manquent

Mathématiquement, le triplé reste en jeu. Le Bayern affronte Leipzig le 24 avril en demi-finale de la Coupe d’Allemagne, avant la Ligue des champions. Le dernier triplé munichois remonte à 2013, quand Jupp Heynckes avait raflé les trois titres en juin, au Camp Nou puis à Wembley. Douze ans plus tard, Kompany peut rejoindre ce club très fermé. Il faudra pour cela faire tomber le PSG, puis gagner la finale à Budapest le 30 mai. Beaucoup demander, sans doute. Mais cette équipe n’a plus perdu de match officiel depuis novembre.

Le trophée de champion sera remis dimanche prochain à l’Allianz Arena, après la réception du Bayer Leverkusen. Les ultras bavarois préparent déjà les banderoles. Et, dans un coin du stade, sans doute un clin d’œil à Paris.