Le président de la Fédération iranienne de football a reconnu samedi soir qu’une participation au Mondial relevait désormais de l’improbable. Selon la chaîne israélienne N12, la décision de retrait serait déjà prise.
Qualifiée pour sa quatrième phase finale consécutive, la Team Melli avait décroché en mars 2025 l’un des huit billets directs attribués à la zone Asie. Mehdi Taremi, Sardar Azmoun et leurs coéquipiers devaient affronter la Belgique, l’Égypte et la Nouvelle-Zélande dans le groupe G, avec des matchs programmés à Los Angeles et Seattle. Le tirage au sort, effectué le 5 décembre à Washington, avait déjà créé des tensions : Téhéran avait menacé de boycotter la cérémonie après le refus américain d’accorder des visas à plusieurs membres de sa délégation. Les dirigeants iraniens avaient finalement fait le déplacement.
Trois mois plus tard, la situation a basculé. Les frappes conjointes lancées par les États-Unis et Israël contre l’Iran depuis samedi 28 février, qui ont coûté la vie à l’ayatollah Ali Khamenei et à des dizaines de hauts responsables, ont changé la donne. Le championnat iranien a été suspendu jusqu’à nouvel ordre.
« Il est peu probable que nous puissions envisager la Coupe du monde »
Mehdi Taj, président de la Fédération iranienne de football, a lâché cette phrase en direct à la télévision d’État samedi soir, rapporte Le Parisien. Le ton était celui du constat, pas de la provocation. Le dirigeant a précisé que la décision finale revenait aux « responsables sportifs », laissant planer un dernier doute formel.
Ce doute s’est dissipé quelques heures plus tard. Dimanche matin, le journaliste Ben Goldfriend de la chaîne israélienne N12 a affirmé que « l’Iran a décidé de se retirer de la Coupe du monde 2026 » et que l’annonce officielle tomberait dans les heures suivantes. La FIFA, de son côté, reste prudente. « Nous suivons de près l’évolution de la situation », a déclaré le secrétaire général Mattias Grafström lors de l’assemblée annuelle de l’International Football Association Board à Cardiff samedi, selon des propos rapportés par ESPN. « Il est prématuré de commenter en détail. »
Qui récupère la place ?
Le règlement FIFA ne prévoit pas explicitement le cas d’un forfait volontaire d’une équipe déjà qualifiée. Mais la logique veut que le billet reste dans la même confédération. L Asie dispose de huit ou neuf places selon l’issue des barrages intercontinentaux, et c’est donc une sélection de la zone AFC qui hériterait du siège vacant.
Deux candidats se détachent : l’Irak et les Émirats arabes unis, les deux nations éliminées au plus près de la qualification directe lors des éliminatoires asiatiques. Le scénario dépend d’un résultat sportif encore à venir.
L’Irak participe aux barrages intercontinentaux fin mars. Si les Lions de Mésopotamie battent la Bolivie ou le Suriname en finale le 31 mars à Monterrey, ils intégreront le groupe de la France. La place vacante dans le groupe G reviendrait alors aux Émirats. En revanche, si l’Irak s’incline, c’est lui qui aurait priorité pour remplacer l’Iran.
Un précédent yougoslave
La situation rappelle l’exclusion de la Yougoslavie de l’Euro 1992. Le Danemark, repêché au dernier moment alors que ses joueurs étaient en vacances, avait remporté le tournoi. L’analogie a ses limites : en 1992, la décision avait été imposée par l’UEFA dans un contexte de sanctions internationales. Ici, l’Iran envisage un retrait volontaire, ce qui constitue un cas de figure différent sur le plan réglementaire.
Dans l histoire de la Coupe du monde, les forfaits restent rares. L’Inde avait renoncé au Mondial 1950 au Brésil, officiellement pour des raisons financières, même si le refus de la FIFA d’autoriser ses joueurs à jouer pieds nus avait pesé dans la balance. La Turquie et l’Écosse avaient également décliné leur qualification cette année-là. Plus récemment, aucune équipe qualifiée n’a renoncé à participer à une phase finale depuis 1950.
Le groupe G bouleversé
Pour la Belgique, l’Égypte et la Nouvelle-Zélande, le retrait iranien redessinerait les perspectives. L Iran, troisième du classement FIFA en Asie, représentait un adversaire redoutable. Son remplacement par l’Irak (60e mondial) ou les Émirats (68e) modifierait l’équilibre du groupe. La Nouvelle-Zélande, qui participe à sa troisième phase finale seulement, verrait ses chances de qualification pour les huitièmes grimper sensiblement.
Le calendrier des matchs du groupe G, prévu entre le 12 et le 23 juin 2026, n’a pas été modifié pour l’instant. Les stades de Los Angeles (SoFi Stadium) et Seattle (Lumen Field) restent programmés. Si l’annonce de retrait se confirme ce dimanche, la FIFA devra trancher rapidement : le coup d’envoi du Mondial est dans trois mois et demi.
Les barrages intercontinentaux prévus du 26 au 31 mars fourniront une première réponse. L’Irak affronte d’abord l’Indonésie en demi-finale le 26 mars avant une éventuelle finale contre la Bolivie ou le Suriname. Le puzzle du groupe G ne sera complet qu’à l’issue de ce mini-tournoi organisé à Monterrey.