Trois minutes de jeu, un but encaissé. Dix minutes avant la fin, encore menés. Et pourtant, l’Olympique de Marseille a arraché la victoire face à Lyon dimanche soir au Vélodrome (3-2), au terme d’un Olympico qui restera dans les mémoires de cette saison 2025-2026 de Ligue 1.

Tolisso douche le Vélodrome d’entrée

L’OM revenait d’un stage d’une semaine à Marbella, censé souder le groupe après le départ fracassant de Pablo Longoria. Habib Beye, nommé entraîneur fin février, dirigeait son premier match au Vélodrome. Le scénario idéal s’est vite transformé en cauchemar. Dès la 3e minute, une série d’erreurs techniques et d’hésitations défensives offre le ballon à Corentin Tolisso, qui ne se fait pas prier pour ouvrir le score, rapporte So Foot.

Lyon, mené par Paulo Fonseca, verrouille ensuite sa défense. Dominik Greif, le gardien slovaque, repousse tout ce que Marseille lui envoie pendant 45 minutes. Selon RMC Sport, l’OM a dominé la possession (52 % contre 48 %) et multiplié les tentatives, mais s’est heurté à un mur. Le Vélodrome gronde, siffle, s’impatiente. Roman Yaremchuk aurait même pu doubler la mise pour l’OL juste avant la pause, sur une occasion gaspillée à l’entrée de la surface.

Le coaching de Beye change la donne

À la mi-temps, Beye sort Quinten Timber, touché à l’épaule, et lance Igor Paixão. La suite ressemble à un coaching de manuel. Sur l’un de ses premiers ballons, le Brésilien décoche une frappe en puissance qui effleure les gants de Greif avant de terminer dans les filets (1-1, 52e). Le Vélodrome explose.

Les débats se rééquilibrent. Lyon sort davantage, Endrick se montre remuant sur le front de l’attaque. Le Brésilien de 19 ans, prêté par le Real Madrid, distribue deux passes décisives dans la soirée. C’est d’ailleurs sur une de ses accélérations que Rémi Himbert, entré en jeu à la 60e minute, se retrouve face à Leonardo Balerdi. Le jeune attaquant lyonnais de 18 ans élimine le défenseur argentin et trompe Gerónimo Rulli d’une frappe au ras du poteau (1-2, 76e), selon le compte-rendu de BFM TV.

81e, 90+1 : Aubameyang en mode décisif

Le Vélodrome encaisse un nouveau coup. Certains supporters commencent à quitter les tribunes. Ils auraient mieux fait de rester. À la 81e minute, sur un corner mal repoussé, Paixão remet le ballon à l’aveugle vers le second poteau. Pierre-Emerick Aubameyang surgit et pousse le ballon au fond en taclant (2-2). Le stade se réveille d’un coup.

Six minutes de temps additionnel sont affichées. Marseille pousse, Lyon tient. Et puis, à la 90e+1, Nwaneri, entré en jeu à la 63e, décale Paixão sur le côté gauche. Le Brésilien remet en profondeur, l’Anglais centre fort, et Aubameyang conclut de près. 3-2. Le Vélodrome bascule dans une euphorie que le stade n’avait plus connue depuis des semaines.

Deux points d’écart, la course au podium relancée

Au classement, Marseille revient à deux longueurs de Lyon, troisième. La bataille pour le podium, que beaucoup pensaient pliée en faveur de l’OL, reprend de plus belle à dix journées de la fin du championnat.

Pour Aubameyang, 36 ans, cette soirée confirme qu’il reste l’homme des grands rendez-vous. Le Gabonais en est à 12 buts en Ligue 1 cette saison. « Le fait de partir en stage nous a donné cette force de travailler en groupe, faire les efforts. On a vu qu’on pouvait les avoir à l’usure », a déclaré l’attaquant au micro de DAZN après la rencontre, cité par RMC Sport.

Côté lyonnais, Ainsley Maitland-Niles a eu du mal à digérer : « C’est difficile. Il y a beaucoup d’émotions ce soir. Je ne suis pas sûr qu’on mérite de perdre, on a fait un match plein. » Un sentiment partagé par Fonseca, dont les choix offensifs (Himbert, Endrick) avaient pourtant fonctionné.

Beye réussit son examen d’entrée

Pour Habib Beye, ce premier Olympico comme entraîneur de l’OM valait tous les diplômes. L’ancien défenseur, promu dans la tourmente après le séisme Longoria-Benatia, a montré qu’il pouvait tirer le meilleur de son effectif sous pression. Ses deux changements décisifs (Paixão à la pause, Nwaneri à la 63e) ont directement provoqué les trois buts marseillais.

La prochaine échéance se profile dès mercredi pour les deux camps : l’OM reçoit Nantes en match en retard, tandis que Lyon se déplace à Monaco. Deux rencontres qui diront si ce résultat spectaculaire était un sursaut passager ou le début d’une remontée marseillaise vers le podium.