Quatrième revers en championnat cette saison. Vendredi soir au Parc des Princes, le PSG a sombré face à une équipe de Monaco redoutable d’efficacité (1-3), lors de la 25e journée de Ligue 1. Un bilan qui commence à peser lourd : la dernière fois que Paris avait encaissé autant de défaites en championnat, c’était lors de la saison 2020-2021, celle où Lille avait décroché le titre. Le parallèle fait froid dans le dos.
Monaco, poison récurrent du champion d’Europe
Les Monégasques de Sébastien Pocognoli ont trouvé la formule. Après leur succès 1-0 à Louis-II en novembre, ils signent un doublé en championnat face au PSG, chipant six points au passage au leader. Quatre victoires de rang en Ligue 1 pour l’ASM, qui grimpe à la cinquième place et se relance dans la course à la Ligue des champions.
Tout a commencé par un cadeau. À la 27e minute, Warren Zaïre-Emery hésite, tergiversant balle au pied dans l’axe. Maghnes Akliouche ne pardonne pas : il intercepte et conclut froidement pour son centième match en Ligue 1, comme le rapporte So Foot. Un but sur erreur individuelle, le genre de séquence que Paris multiplie depuis des semaines.
Au retour des vestiaires, le scénario empire. Vitinha perd un ballon dans les pieds d’Aleksandr Golovin, qui vient d’entrer en jeu depuis 25 secondes à peine. Le Russe ne réfléchit pas et double la mise (0-2, 55e). Entre le pressing étouffant de Lamine Camara et la solidité de Denis Zakaria en charnière, Monaco a éteint chaque tentative parisienne, selon l’analyse du Parisien.
Trois changements, un sursaut et une douche froide
À la 60e minute, Luis Enrique joue son va-tout : entrées d’Ousmane Dembélé, Lee Kang-in et Senny Mayulu. Le Parc des Princes, anesthésié jusque-là, reprend vie. Bradley Barcola profite d’un enchaînement heureux, avec un talon de Jordan Teze, pour réduire l’écart (1-2, 71e). L’espoir dure exactement 120 secondes.
Folarin Balogun, lui aussi fêtant sa centième en Ligue 1, remet Monaco à l’abri dans la foulée (1-3, 73e). Barcola ne le sait pas encore, mais il vient de vivre une première dans sa carrière professionnelle en club : perdre un match à domicile en ayant marqué, relève le compte Stats du Foot. Simon Adingra touche même la barre en fin de rencontre (89e), soulignant la domination monégasque sur l’ensemble du match.
À lire aussi
« La confiance ne s’achète pas à Monoprix »
En conférence de presse, Luis Enrique n’a pas cherché d’excuses. « On est clairement en difficulté. C’est la tête qui ne va pas en ce moment », a lancé le technicien espagnol, cité par Le Parisien. Puis cette formule qui résume tout : « La confiance ne s’achète pas à Monoprix. » L’entraîneur pointe des erreurs « inhabituelles dans le football professionnel » et reconnaît que son équipe traverse une passe compliquée depuis plusieurs semaines.
Dans les couloirs du stade, Nuno Mendes n’a pas mâché ses mots au micro de DAZN : « Ce n’est pas le football que l’on doit montrer en Ligue 1. On a perdu beaucoup de ballons bêtes. Le problème n’est pas physique, c’est simplement que nous n’avons pas été à notre niveau. » Un constat lucide, partagé par l’ensemble du vestiaire.
Le latéral portugais pointe un mal plus profond qu’une simple contre-performance isolée. Depuis janvier, Paris enchaîne les soirées ternes : défaite à Rennes, élimination laborieuse contre le Sporting, sortie de route face au Paris FC en Coupe de France, et maintenant Monaco. Quatre revers en 2026, zéro match référence.
Lens dans le rétroviseur, Chelsea droit devant
Le classement commence à se resserrer dangereusement. Si Lens s’impose face à Metz ce dimanche, les Nordistes reviendront à un seul point de Paris. Après avoir récupéré la tête du championnat grâce à la victoire de Monaco à Bollaert quelques semaines plus tôt (2-3), le PSG voit son avance fondre comme neige au soleil.
La statistique qui hante les couloirs du Parc des Princes : quatre défaites en Ligue 1, c’est le même bilan que lors des saisons 2020-2021 et 2016-2017, selon les données compilées par So Foot. Point commun entre ces deux exercices : Paris avait terminé deuxième. En 2021, c’est Lille qui avait coiffé le club de la capitale sur la ligne d’arrivée, lors d’un sprint final devenu légendaire.
Au-delà du championnat, le calendrier ne fait aucun cadeau. Mercredi, Chelsea débarque au Parc des Princes pour le huitième de finale aller de Ligue des champions. Les Blues de Moisés Caicedo et Enzo Fernández ne laisseront aucune marge aux approximations défensives parisiennes. Sans Fabián Ruiz ni João Neves au milieu, tous deux blessés, Vitinha se retrouve isolé dans l’entrejeu, un déséquilibre que Monaco a exploité sans pitié.
Côté offensif, le constat est tout aussi alarmant. Désiré Doué enchaîne les prestations fantomatiques, Kvicha Kvaratskhelia peine à peser sur les rencontres, et le retour d’Ousmane Dembélé, frétillant mais en manque de rythme, ne suffit pas à combler le vide créatif. Le PSG marque peu, crée peu, et perd son aplomb dès qu’un adversaire hausse le ton.
Le coup d’envoi contre Chelsea est programmé mercredi 11 mars à 21 heures. Pour le PSG, champion d’Europe en titre, la semaine qui s’ouvre ressemble à un examen de passage. Échouer en Ligue des champions tout en voyant Lens revenir au contact en Ligue 1 transformerait la crise en séisme.