Une voiture en briques Lego, d’habitude, ça finit sur une étagère du salon. Celle-ci a déboulé sur la piste de Goodwood à 111 km/h, un pilote professionnel sanglé à l’intérieur.

Le fabricant danois et le constructeur suédois Koenigsegg viennent de dévoiler une réplique grandeur nature, montée intégralement en Lego Technic, de la Sadair’s Spear. Une vraie voiture, capable de rouler pour de bon, qui devient au passage l’engin Lego pilotable le plus rapide jamais construit.

Plus du double de l’ancien record

Les 111 km/h ont été atteints sur la célèbre montée de Goodwood, en Angleterre, là où l’élite de l’automobile se retrouve chaque été pour le Festival of Speed. Cette piste étroite d’environ 1,9 km, bordée de bottes de paille, sert de terrain de jeu aux voitures les plus rapides du monde. Le précédent record pour un véhicule Lego de ce genre plafonnait à 50 km/h. Le fabricant de jouets l’a donc plus que doublé. Selon le communiqué du groupe Lego, l’épreuve a même ouvert une nouvelle catégorie dans les tablettes du circuit britannique: celle des voitures en briques.

La performance prête à sourire quand on la compare à l’originale. Là où la vraie Koenigsegg vise des vitesses de plusieurs centaines de kilomètres par heure, sa cousine en plastique s’est contentée, si l’on peut dire, de tutoyer les 111 km/h. Pour un assemblage de briques pesant près de deux tonnes, l’exploit reste de taille.

327 906 briques pour 1 800 kilos

Les chiffres donnent le vertige. Il a fallu 327 906 éléments Lego Technic et plus de 9 400 heures de travail pour donner vie à la machine. Sur la balance, elle affiche environ 1 800 kg, dont 400 kg de plastique seulement. Le reste, le châssis, les roues et la cage de sécurité, vient du monde réel pour encaisser la vitesse.

La carrosserie, elle, est entièrement en briques. Les équipes ont poussé le détail jusqu’à reproduire le « Ghost Mode », cette chorégraphie d’ouverture des portes et du capot qui fait la signature des Koenigsegg, et jusqu’à la clé de la voiture, en version Lego.

Reste une question que tout le monde se pose: comment un tas de briques peut-il rouler à cette allure sans voler en éclats? La réponse tient dans quelques pièces bien réelles. Sous la carrosserie de plastique se cachent de vraies roues Koenigsegg, une cage de sécurité homologuée et un petit moteur électrique qui entraîne le train arrière. Le Lego fait le spectacle, la mécanique fait le reste.

Un pilote d’usine au volant du jouet

Pour s’attaquer à la pente, la marque n’a pas confié le volant à n’importe qui. C’est Markus Lundh, pilote essayeur de Koenigsegg, qui s’est glissé dans le baquet. L’homme connaît la maison: il avait signé le record de la montée de Goodwood au volant de la vraie Sadair’s Spear en juillet 2025.

« J’avais vraiment l’impression de manier une vraie Koenigsegg », a raconté Lundh dans le communiqué. Le pilote dit avoir retrouvé les sensations de son record de l’an dernier, preuve à ses yeux du niveau d’ingénierie atteint par les équipes Lego sur ce projet.

Une hypercar à plusieurs millions, version briques

Derrière le jouet se cache l’une des autos les plus extrêmes de la planète. La Sadair’s Spear est une déclinaison piste de la Jesko, taillée pour la performance pure, vendue plusieurs millions d’euros et produite en très petite série. Autant dire que la réplique en briques sera, pour l’immense majorité des passionnés, la seule version qu’ils approcheront un jour.

« L’innovation et la performance extrême sont au cœur de tout ce que nous faisons », a réagi Christian von Koenigsegg, patron du constructeur. Voir sa voiture renaître en taille réelle et roulante tient, selon lui, de l’extraordinaire.

La version pour le salon arrive le 4 juillet

Pas besoin d’un garage de collectionneur pour en profiter. Lego commercialise une réplique à l’échelle 1:8, forte de 4 104 pièces, à partir du 1er juillet pour ses membres Insiders et du 4 juillet pour le grand public. Le tarif: 449,99 euros, réservé aux adultes.

Le modèle embarque un moteur V8 à pistons mobiles, une boîte séquentielle à neuf rapports, des suspensions Triplex à l’avant comme à l’arrière, un disque indicateur de vitesse rotatif et le fameux « Ghost Mode » qui soulève l’arrière, fait pivoter les portes papillon et replie les rétroviseurs. La direction fonctionne, le toit s’enlève. Pour les premiers acheteurs, entre le 1er et le 6 juillet, Lego glisse même un petit volant Sadair’s Spear en cadeau. « Notre ambition était de produire le Lego Technic le plus avancé jamais conçu », résume Kasper Rene Hansen, designer senior de la marque. La boîte de vitesses séquentielle, les suspensions Triplex et le Ghost Mode signent, selon lui, autant de premières pour la gamme.

Sixième star de la série Ultimate

La Koenigsegg rejoint un club très fermé. Depuis 2016, Lego sort tous les deux ans une « Ultimate Car », sa vitrine technologique. Avant elle: la Porsche 911 GT3 RS en 2016, la Bugatti Chiron en 2018, la Lamborghini Sián en 2020, la Ferrari Daytona SP3 en 2022 et la McLaren P1 en 2024. Plusieurs de ces boîtes, retirées du catalogue, s’arrachent aujourd’hui à prix d’or sur le marché de l’occasion.

La voiture grandeur nature, elle, va maintenant partir en tournée pour se montrer au public, comme l’a confirmé Caradisiac. La boîte, plus sage, attend les amateurs dans les rayons à partir du 4 juillet. De quoi occuper quelques longues soirées d’été.