109 millions de vues en vingt-quatre heures. La première bande-annonce du nouveau Hunger Games a pulvérisé les compteurs avant même d’avoir tout montré. Le film, lui, débarque le 18 novembre dans les salles françaises, et il promet les Jeux les plus cruels de toute la saga.

Son titre : « Hunger Games : Lever de soleil sur la moisson ». Un préquel qui se déroule vingt-quatre ans avant l’arrivée de Katniss, adapté du roman que Suzanne Collins a publié en 2025. Derrière la caméra, on retrouve Francis Lawrence, déjà aux commandes de la majorité des films de la franchise.

Les Jeux qui ont brisé Haymitch

Ceux qui ont suivi la saga connaissent Haymitch Abernathy : le mentor de Katniss et Peeta, cynique, alcoolique, toujours un verre à la main. Le nouveau film raconte comment il en est arrivé là. À seize ans, le jeune Haymitch, incarné par Joseph Zada, est jeté dans l’arène pour la cinquantième édition des Jeux. Il en sortira vainqueur, mais le prix à payer le hantera toute sa vie.

C’est tout l’enjeu de ce retour en arrière : montrer un Haymitch de seize ans, plein d’espoir, avant que le Capitole ne le détruise. Les lecteurs du roman savent déjà que sa victoire lui coûtera tout ce qu’il aime. Woody Harrelson, qui jouait le personnage adulte dans les premiers films, fait d’ailleurs une apparition dans la bande-annonce, le temps d’une seule réplique qui a suffi à électriser les fans.

La machine promotionnelle tourne à plein régime. Le premier teaser, dévoilé fin 2025, est devenu le deuxième meilleur lancement de bande-annonce de l’histoire du studio Lionsgate, d’après le site spécialisé Deadline. Une version longue a suivi au printemps. À cinq mois de la sortie, le film figure déjà parmi les plus attendus de l’année.

Deux fois plus d’enfants dans l’arène

Dans l’univers de Panem, chaque vingt-cinquième édition des Jeux prend une forme spéciale, baptisée l’Expiation. Pour la cinquantième, le Capitole décide de doubler la mise : au lieu de vingt-quatre adolescents, ce sont quarante-huit tributs qui entrent dans l’arène, quatre par district. Deux fois plus d’enfants, deux fois plus de morts annoncées.

Aux côtés de Haymitch, le récit suit Maysilee Donner, une autre adolescente du district 12 jouée par McKenna Grace, et Lenore Dove, l’amoureuse du héros incarnée par Whitney Peak, aperçue il y a quelques jours au Festival de cinéma de Biarritz. Des alliances se nouent, des amitiés aussi, mais la règle reste la même : une seule personne ressort vivante de l’arène.

L’affiche résume l’ambiance d’une formule glaçante : « les Jeux seront différents ». Plus de participants, un terrain plus vaste, une violence assumée. Suzanne Collins, qui n’écrit jamais ces histoires par hasard, en a tiré une réflexion sur la propagande et sur la manière dont un régime réécrit l’Histoire à son avantage. Le film promet de conserver ce sous-texte politique qui a toujours distingué la série des autres dystopies pour adolescents.

Le retour de Jennifer Lawrence

Le casting donne le vertige. Ralph Fiennes hérite du rôle du président Snow, plus jeune que celui qu’incarnait Donald Sutherland, mais déjà aussi retors. Autour de lui, une distribution cinq étoiles : Elle Fanning en Effie Trinket, Kieran Culkin en présentateur Caesar Flickerman, sans oublier Jesse Plemons, Maya Hawke, Glenn Close ou encore Billy Porter.

Surtout, les fans retiennent un nom : Jennifer Lawrence. L’actrice qui a porté toute la saga reprend le rôle de Katniss Everdeen le temps d’un épilogue, aux côtés de Josh Hutcherson dans la peau de Peeta. Une apparition brève, calquée sur la fin du roman, mais qui suffit à relier les générations et à promettre quelques frissons aux nostalgiques de la première heure.

Une machine à plusieurs milliards

Si Lionsgate construit tout son automne autour de ce film, ce n’est pas un hasard. La franchise Hunger Games a rapporté plus de trois milliards de dollars au box-office mondial, selon Box Office Mojo. Le premier volet, en 2012, avait révélé Jennifer Lawrence et ouvert une décennie de dystopies adolescentes au cinéma. Le précédent préquel, « La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur », sorti en 2023 sans aucune vedette d’origine, avait tout de même encaissé près de 350 millions de dollars.

Le roman, lui, a signé l’un des plus gros lancements littéraires de 2025, porté par une communauté de lecteurs qui n’a jamais vraiment quitté Panem. Entre les adolescents qui découvrent la saga sur les réseaux et les trentenaires qui ont grandi avec, le public est déjà là. Reste à transformer cette attente en tickets de cinéma.

Pourquoi Panem fascine encore

Treize ans après le premier film, la mécanique fonctionne toujours. Des enfants tirés au sort pour s’entretuer devant des caméras, un régime qui transforme la souffrance en spectacle : la métaphore n’a pas pris une ride à l’heure de la téléréalité et des réseaux sociaux. Chaque nouvel épisode trouve un écho dans l’actualité, ce qui explique sa longévité.

Le pari de ce préquel diffère des précédents. Il ne mise pas sur une héroïne inconnue, mais sur un personnage que tout le monde aime déjà, et dont on connaît la fin tragique. On sait que Haymitch survit. On va surtout découvrir ce que cette survie lui a coûté.

Rendez-vous le 18 novembre en France, deux jours avant les États-Unis, avec une sortie également prévue en IMAX. Le film s’ouvre sur le matin de la moisson, ce tirage au sort qui désigne les tributs. Pour Haymitch, c’est le début de la pire journée de sa vie. Pour Lionsgate, le coup d’envoi d’un automne à quitte ou double.