La 51e cérémonie des César se tient ce jeudi 26 février à l’Olympia, à Paris. Et pour une fois, le suspense est réel. Aucun film ne domine clairement le palmarès, dans une année où la fréquentation des salles françaises a marqué le pas.

Nouvelle Vague mène la danse

Dix nominations. C’est le score du film de l’Américain Richard Linklater, tourné en noir et blanc, qui fait revivre le tournage d’À bout de souffle en 1959. On y croise des versions romancées de Jean-Luc Godard, François Truffaut et Jean-Paul Belmondo. Guillaume Marbeck, qui campe le jeune Godard, est nommé pour le César du meilleur espoir masculin, rapporte franceinfo.

Derrière, trois films se tiennent à huit nominations chacun. L’Attachement de Carine Tardieu, avec Valeria Bruni Tedeschi et Pio Marmaï tous deux nommés. Dossier 137, le thriller de Dominik Moll sur une bavure policière en marge des gilets jaunes. Et L’Inconnu de la Grande Arche de Stéphane Demoustier, selon BFMTV.

Jim Carrey à l’honneur, Camille Cottin en présidente engagée

La star canado-américaine reçoit un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. The Truman Show, The Mask, Eternal Sunshine of the Spotless Mind : Jim Carrey a marqué plusieurs générations de spectateurs. Le réalisateur canadien David Cronenberg figure parmi les personnalités invitées à remettre un trophée.

Côté discours, la présidente de la cérémonie Camille Cottin a donné le ton. Lunettes de soleil sur le nez (clin d’œil assumé à Emmanuel Macron), elle a défendu le financement du cinéma français avec une formule qui a fait mouche : « Quand vous allez voir Dune, vous financez aussi L’Histoire de Souleymane. » Avant de dédier la soirée « à tous les peuples qui luttent pour la liberté au péril de leurs vies », rapporte BFMTV.

Benjamin Lavernhe, maître de cérémonie piquant

L’animateur de la soirée n’a pas fait dans la demi-mesure. Interpellant les nommés un par un, il a taclé Benjamin Voisin, pressenti pour remplacer Raphaël Quenard dans le biopic de Johnny Hallyday en préparation. « Alors on va jouer Johnny à la place de Quenard ? », a-t-il lancé. Le genre de pique qui rappelle que les César, au-delà des trophées, restent un spectacle.

Cette 51e édition arrive après une année compliquée pour le cinéma français. La fréquentation n’a pas retrouvé ses niveaux d’avant-crise, et aucun film n’a vraiment explosé au box-office. Mais les films d’art et essai ont tiré leur épingle du jeu. Reste à savoir si Nouvelle Vague transformera ses dix nominations en sacre, ou si la soirée réservera une surprise. Les résultats tomberont dans la nuit.